Région Île de France : plan d’austérité sur les droits des femmes !

samedi 3 septembre 2016

Lors de sa campagne pour les élections régionales, Valérie Pécresse, en pleine action de communication autour du « nettoyage » d’un camp rom expulsé, avait fièrement énoncé la maxime féministe de l’année : « Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage ! ». Quelques mois plus tard, la politique de la nouvelle majorité à la tête de la Région Île de France vient confirmer le haut degré de conscience féministe de V. Pécresse et des élu-es issu-es des Républicains. Tout cela sous couvert de « réalisme budgétaire » (comprendre austérité et parti pris budgétaire)…

Un centre d’étude féministe réorienté

La Région a en effet décidé la baisse de 30% des subventions allouées au Centre Hubertine Auclert. Cet organisme, rattaché à la Région, œuvre à la promotion de l’égalité femmes-hommes en produisant des expertises fouillées (dans notre champ professionnel, plusieurs études sur les manuels scolaires), en menant des campagnes de sensibilisation, comme récemment sur le cybersexisme, en proposant des formations de qualité. Cette baisse de ressources financières va obliger le Centre à réduire ses activités. À plus long terme, les salarié-es du Centre, dont certain-es sont syndiqué-es à Asso (syndicat affilié à Solidaires), s’inquiètent de sa pérennité… Et dans l’immédiat, la réorientation de la politique du Centre fait aussi objet de craintes, on ne peut plus légitimes, quand on sait que parmi les représentant-es de la Région au Conseil d’Administration du Centre figure désormais un élu proche de Sens commun (mouvement politique lié à la Manif pour Tous), et que la nouvelle présidente du Centre veut faire entrer au C.A des représentant-es des entreprises.

Autre motif de colère des associations féministes franciliennes : la suppression du Pass contraception proposé jusqu’alors dans les lycées de la Région. Depuis 2011, des coupons pouvaient être distribués aux lycéennes pour avoir accès auprès des infirmièr-es scolaires, gratuitement, à l’offre contraceptive (consultation, prise de sang, contraceptifs). Ces coupons sont aussi utilisables auprès de certains médecins et pharmacies. Sous le prétexte fallacieux que ce Pass était peu utilisé, V. Pécresse a décidé de sa suppression. Les personnels de santé des établissements, et des organisations telles que le Planning familial, dénoncent ce coup porté à un dispositif de prévention qui permettait de toucher des publics parfois éloignés des centres de planification, notamment en milieu rural. La politique d’accès à la contraception, gratuite pour les mineures et les jeunes majeures, est ainsi sapée par la Région Île de France, sans aucune considération pour les enjeux sanitaires et la réalité du terrain que connaissent bien les personnels en première ligne dans les établissements.

La lutte pour défendre les droits des femmes reste donc plus que jamais nécessaire, à l’heure où le lobbying exercé par les franges les plus réactionnaires de notre société porte ses fruits auprès des élu-es, aussi bien à l’échelle nationale (reculs du gouvernement sur les ABCD de l’égalité et sur la PMA) que locale.

Sud éducation Seine-Saint-Denis