Relaxe pour Sami Benméziane

L’action citoyenne ne doit pas être un délit !
lundi 5 janvier 2009

Sami Benméziane, professeur des écoles à Indre, est convoqué devant le tribunal de Nantes, le 23 février 2009, pour avoir participé à une action collective destinée à s’opposer à la mise en place des mesures Darcos.

En Loire-Atlantique, dès le printemps dernier, s’est développé un important mouvement de parents et d’enseignant-es contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et contre le démantèlement du service public d’éducation contenus dans les mesures Darcos. Dans le département, les actions se multiplient : grève reconductible, occupations d’écoles, forum d’information, soutien d’élus, pique-nique citoyen, nuit des écoles…

Le 24 mai 2008, plus de 15 000 personnes défilent sous la pluie dans les rues de Nantes.

Le 11 juin 2008, une délégation intersyndicale et FCPE devait être reçue par l’Inspecteur d’Académie. Environ 400 personnes (enseignant-es, militant-es syndicaux ou associatifs, parents d’élèves et enfants…) occupent symboliquement et pacifiquement les locaux. Elles ne demandent qu’une seule chose : être enfin entendues. Mais très rapidement, les forces de police font évacuer les lieux sans aucune sommation préalable. Les manifestants sont malmenés, molestés, bousculés. Les nombreux coups qu’ils reçoivent témoignent de la violence de l’intervention policière. Plusieurs plaintes ont d’ailleurs été déposées.

Au moment où se négocient le départ des locaux des forces de l’ordre puis des manifestants et parallèlement une intervention publique de l’Inspecteur d’Académie, un enseignant, Sami Benméziane est brutalement interpellé, menotté et emmené à l’Hôtel de police.

Après son interpellation, Sami apprend qu’il est accusé d’avoir volontairement occasionné une blessure à un doigt à un policier nécessitant une interruption temporaire de travail. À l’issue de la garde-à-vue, le procureur ne retient pas les accusations de coups et blessures. Sami est néanmoins convoqué au tribunal le 23 février 2009 pour avoir « résisté avec violence à un agent de la force publique ». Aujourd’hui il risque un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour rébellion, sans parler des éventuelles sanctions administratives.

L’inculpation de Sami Benméziane est le symbole d’une politique qui, une fois encore, ne cherche qu’à judiciariser et criminaliser l’action des citoyens sans jamais répondre au problème de fond.

Ce qui est arrivé à Sami aurait pu arriver à n’importe quel participant à cette action. Aujourd’hui, au-delà du mouvement contre les mesures Darcos, c’est l’ensemble des mouvements sociaux que le pouvoir cherche à museler en les criminalisant.

Un comité de soutien très large (citoyen-nes, syndicats, associations, partis politiques) s’est constitué. Il demande la relaxe de Sami Benméziane. Il appelle tous les citoyens et citoyennes indignés à venir le rejoindre. Sud éducation y participe activement.

Ne laissons pas le pouvoir criminaliser impunément l’action sociale, mobilisons nous pour la relaxe de Sami Benméziane.

Sud éducation Loire-Atlantique


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