Renforcer l’accompagnement pour lutter contre la destruction du Lycée professionnel

samedi 8 septembre 2012

La destruction du Lycée professionnel

Ces dernières années, le Lycée professionnel a subi, au nom de la rigueur budgétaire, un train de réformes qui ont profondément ébranlé la qualité de l’enseignement et l’accueil des élèves. Ainsi, la mise en place du Bac professionnel en trois ans a totalement modifié la structure des enseignements ainsi que la quotité horaire de ces derniers. En effet, on a vu baisser le nombre d’heures affectées par discipline, essentiellement au profit de « volants d’heures », plus ou moins négociables, appelés, qui, projet, qui, accompagnement personnalisé, ou plus rarement, P.P.C.P. (Projet pluridisciplinaire à caractère professionnel). Et, depuis deux ans, avec la fin des B.E.P., on assiste à une accélération de la destruction du Lycée professionnel, avec la fermeture de sections, et même de L.P. entiers, partout sur le territoire national, laissant sans affectation des T.Z.R. et des contractuel·le·s en grand nombre.

Des élèves en grande difficulté

À ce constat, s’ajoute celui de l’accueil d’élèves en grande difficulté qui, avec la réforme, vont devoir, vaille que vaille, passer un Bac professionnel en trois ans, là où, il y a peu, ils pouvaient progresser, par étapes, du C.A.P. au Bac pro (dans un cursus de cinq ans au lieu de trois aujourd’hui).

On peut également interroger l’efficience de l’accompagnement personnalisé qui reste un chantier ouvert, tenant davantage de l’auberge espagnole que d’une véritable proposition d’aide et d’accueil aux élèves et notamment à ceux et celles qui en auraient le plus besoin. En effet, il n’y a pas de concertation sérieuse, à quelque échelle que ce soit, qui permette d’établir un plan d’action propre à répondre, concrètement et pour chacun·e, aux attentes et aux besoins spécifiques. On assiste plutôt, et comme d’habitude, à du saupoudrage de recettes méthodologiques souvent insuffisantes, voire inadaptées aux profils des élèves.

Face à une telle situation, il est urgent d’exiger la refonte des moyens afin de répondre aux nécessités tant de la formation professionnelle que de l’approfondissement des savoirs de nos élèves. D’autant qu’il est démontré que les élèves en difficulté demandent plus de temps pour assimiler les savoirs et les savoir-faire.

Renforcer l’accompagnement par les TZR

Deux voies sont à explorer, et même à mettre en interaction :
- d’une part, nous pourrions «  récupérer » une partie des heures actuellement mises au pot commun de l’accompagnement personnalisé pour développer l’offre dans nos savoirs disciplinaires, et ces heures pourraient, éventuellement, être attribuées à unÉe collègue et, précisément, un·e T.Z.R. ;
- d’autre part, et ceci est à réfléchir, à l’échelle du lycée ou du Bassin d’éducation : proposer un renforcement de l’accompagnement qui serait effectué par les T.Z.R. et les contractuel·le·s qui se retrouvent sans poste. Ainsi, en attendant l’augmentation des effectifs scolaires, il serait plus efficient d’optimiser les ressources humaines sur le terrain (sachant que certain·e·s T.Z.R. sont rattaché·e·s à un établissement ou à un B.E.).
En tout état de cause, nous devons, dès à présent, proposer une refonte de l’offre d’enseignement qui soit plus juste ainsi que beaucoup plus efficace pour les élèves et permette également à tout·e·s les enseignant·e·s d’exercer leur métier en ayant le sentiment d’être utiles à leurs élèves.
Sud éducation Manche