Rentrée 2015 : contre la réforme des collèges, la réforme des statuts, l’austérité : passons à l’action !

Sud éducation Créteil
samedi 28 novembre 2015

La réforme du collège, prévue pour 2016 est expérimentée dans plusieurs établissements dès cette rentrée. Au mépris des mobilisations de la fin de l’année scolaire 2015 et du large rejet de cette réforme par les personnels, la circulaire d’application a été publiée le 2 juillet. Pour lutter contre cette réforme, une mobilisation rapide, massive et unitaire est donc nécessaire ! Derrière l’alibi pédagogique, cette réforme à moyens constants entraînera une nette dégradation des conditions de travail. Aucune baisse des effectifs par classe n’est prévue. Les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) allongeront le temps de travail réel par la multiplication des heures de concertation et institutionnaliseront les hiérarchies intermédiaires et la gestion managériale prévues par la réforme des statuts. Les professeurs-es en poste partagé, plus nombreux, verront leurs conditions de travail s’aggraver : elles et ils devront s’adapter aux différentes programmations des établissements. Cette réforme renforcera l’autonomie des établissements, en leur laissant le choix de la modulation des horaires disciplinaires à l’intérieur de chaque cycle, et le choix de la ponction sur les horaires disciplinaires pour réaliser les enseignements qui ne disposent pas d’horaires fléchés (AP et EPI). C’est l’instauration d’une concurrence à tous les niveaux ! Pour les élèves, la mise en place de parcours différenciés selon les classes et selon les établissements renforcera les inégalités sociales. La marge d’autonomie – un volet d’heures attribuées « en plus » – renforcera la concurrence entre établissements et des inégalités dans l’offre de formation. Ces réformes entraîneront une charge de travail considérable. Tout sera mis en œuvre en même temps : réforme du collège, cycles et nouveaux programmes de toutes les classes !

À la rentrée : poursuivre la lutte sur l’application de la réforme des statuts !

Dès la rentrée, la réforme des statuts s’appliquera dans les établissements du secondaire. L’effet, en termes d’heures élèves, des pondérations et des indemnités pour missions particulières sur les dotations horaires globales réelles est déjà connu. Nombre d’établissements n’ont pas fait les choses dans les règles. La vigilance est donc nécessaire : au moment de la signature des ventilations de service ; toutes les heures en REP+ doivent être pondérées, de même les heures en première et terminale dans la limite d’une heure et un service partagé dans des communes différentes ou dans plus de deux établissements donnent droit à une réduction de service d’une heure. Tout cela doit être compris dans le service. Si la répartition des indemnités pour missions particulières n’a pas été présentée au dernier conseil d’administration de l’année scolaire 2014/2015, il faut l’exiger à la rentrée, de façon à ce que cela soit transparent et à pouvoir imposer leur transformation en heures devant élèves.
Enfin, la circulaire d’application portant sur les missions et obligations réglementaires de service comporte des règles qui contredisent le décret [1] et est illégale. Elle autorise l’administration à imposer 1,5 heure supplémentaire hebdomadaire alors que le décret maintient le plafond à 1 heure supplémentaire non refusable et elle exclut les TZR qui ne sont pas affecté-es à l’année du bénéfice de la réduction d’une heure de service pour certaines affectations multiples alors que le décret énonçait ce droit pour l’ensemble des enseignant-es. La fédération Sud éducation a déposé auprès de la ministre un recours administratif en vue de l’annulation de cette circulaire.

Pour nos droits et pour un service public d’éducation égalitaire : passons à l’action !

Le point commun de toutes ces réformes est la baisse des moyens, que nous vivons au quotidien dans l’éducation nationale, avec un budget qui ne suit pas l’augmentation de la démographie scolaire, des effectifs par classe qui s’accroissent, des conditions de travail qui se dégradent et des salaires gelés. Cette baisse est la conséquence directe des politiques d’austérité qui, en France et en Europe, attaquent les services publics, les droits sociaux et les solidarités. Pourtant de l’argent, il y en a : les dividendes versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 30% en un an, pour atteindre 56 milliards. Les capitalistes nous coûtent cher ! Mobilisons-nous autour de mots d’ordre rassembleurs : Non à l’austérité, oui à la solidarité ! Non à la concurrence, oui à l’égalité ! Non aux pressions, plus d’autogestion !

Sud éducation Créteil


[1décret n°2014 sur les missions et services des enseignant-esdans les second degré