Retraites : refuser la paupérisation

Sud éducation Auvergne et Allier
jeudi 9 janvier 2014

Rouvrons le débat !

Débattre d’une véritable augmentation des cotisations patronales aurait permis de mettre en évidence le coût du capital, en lieu et place de la ritournelle sur le coût du travail. Mais le gouvernement Ayrault a fait le choix d’inscrire ses pas dans ceux de ses prédécesseurs et des « recommandations » de la commission européenne.
Une fois de plus, c’est le monde du travail qui paye pour perpétuer une logique qui, de réforme en réforme, organise le vol des retraites au nom du capitalisme financier. En effet, le problème de fond est bien celui du partage des richesses produites par le travail. Et depuis trente ans c’est la part versée aux actionnaires qui augmente et cela nécessairement au détriment de la part versée aux salaires. Ces dividendes versés aux actionnaires sont passés de 4% de la richesse créée entre 1960 et 1980 à 9% depuis.

La réforme Ayrault : c’est une nouvelle dégradation des retraites !

Nous avons vu, en 2010, combien l’unité d’action est un facteur important dans la dynamique de lutte et cela a certainement empêché Sarkozy d’aller plus loin, notamment sur le mode de calcul de la retraite dans la fonction publique. Pour cette raison, CFDT et UNSA portent aujourd’hui, par leur alignement sur les positions du gouvernement, une lourde responsabilité dans cette nouvelle dégradation organisée par Hollande et le gouvernement Ayrault.
En allongeant la durée de cotisation nécessaire pour l’obtention d’une retraite à taux plein, le gouvernement vient de repousser, de fait, l’âge de départ à la retraite pour nombre de salarié-es et de réduire le montant de la retraite de la majorité de celles et ceux qui aspirent à partir dans les prochaines années. Pour une retraite à taux plein à 62 ans en 2035, il faudra avoir commencé à travailler à 19 ans (la moyenne actuelle est à 22 ans et plus encore dans l’éducation nationale…). Tous les allongements de durée de cotisation, depuis 1993, occasionnent donc des décotes sur la majorité des pensions versées (1,25% par trimestre manquant), tout cela parce que, usé-es par le travail, beaucoup de salarié-es ne partent pas plus tard (moyenne 58,8 ans). La réforme Ayrault s’inscrit donc pleinement dans la logique des réformes de 1993, 2003, 2007, 2010. Elle casse toujours un peu plus le niveau des pensions. Elle va augmenter le nombre de retraité-es pauvres. Ainsi la moitié des retraité-es actuel-les perçoivent une pension inférieure à 1 000€euros. Pour une femme sur trois, elle est inférieure à 700 euros et, contrairement à ce que répètent les experts qui hantent les plateaux de télévisions, les retraites inférieures à 1500 euros se multiplient dans l’éducation nationale.
Dans cette situation, les luttes salariales ont leur entière légitimité. Il nous faut défendre les retraites de demain et pour cela assurer celles d’aujourd’hui.

Cela passe par le refus de la paupérisation, cela passe par une lutte déterminée pour l’annulation de toutes les décotes. Dans cette lutte et cette campagne nécessaire, Sud éducation a certainement un rôle à jouer.