Revenir sur le vol des retraites

samedi 8 septembre 2012

Depuis plus de 20 ans, le libéralisme mène l’offensive contre la retraite par répartition. Un salaire continué pour tous après le départ en retraite apparaît comme une injure au capitalisme financier. Ils appellent « charges sociales » ce que nous appelons « salaire indirect », et ne veulent plus le payer. La solidarité entre générations est pourtant à ce prix, quand le prix du travail des actifs finance les retraites de ceux qui eux-mêmes ont financé la retraite de la génération précédente.

Retraites à vendre

Dans le mouvement de marchandisation du monde, ils prétendent nous vendre aussi nos retraites. Pour imposer le recours à des fonds de pension, ils diminuent le montant des retraites par répartition. Pour cela plusieurs leviers : allonger la durée de cotisation, repousser l’âge de départ, appliquer de lourdes décotes à celles et ceux qui ne remplissent pas les conditions de trimestres cotisés au moment du départ.

20 ans de reculs

En 1993, le gouvernement Balladur porte de 37,5 à 40 années la durée de cotisation pour une retraite complète pour les salariés du privé.

En 2003 le gouvernement Raffarin-Fillon impose cet allongement aux fonctionnaires malgré des grèves importantes et reconduites en mai et juin notamment dans l’Éducation nationale. Une décote de 5% s’applique au montant de la pension pour chaque année de cotisation manquante. Cette mesure a fait chuter le montant de la retraite de nombreux salariés du privé dès son application en 1994. En 2008, Sarkozy s’attaque aux régimes spéciaux de retraite pour faire disparaître toute référence aux 37,5 annuités. En 2010, malgré des millions de manifestants et de grévistes, Sarkozy ne lâche rien, repousse l’âge de départ en retraite et allonge la durée de cotisation pour l’ensemble du monde du travail.

Des retraites à la baisse

Toutes ces mesures contribuent à diminuer le montant des retraites (travailler plus pour gagner moins) quand la durée réelle moyenne de cotisation est aujourd’hui de 37,5 annuités comme l’indique le Conseil d’Orientation des Retraites.

Dans l’Éducation nationale, les réformes de 2003 puis de 2010 ont multiplié les départs avec retraites incomplètes. Dans le premier degré où de nombreux collègues ont atteint l’âge de départ sans même avoir accédé au 11e échelon, la baisse des pensions est significative. Le droit réel de départ à 55 ans a été cassé pour celles et ceux qui avaient cette possibilité. Nombre d’enseignants retraités cherchent un complément de revenu… Dans les rangs des cadres B et C les retraites inférieures à 1 000 euros se multiplient. La non prise en compte des années d’étude rend impossible un départ à 61 ans avec une retraite complète pour un enseignant. L’allongement de la durée de cotisation, c’est en fait la décote pour tous ou la possibilité d’une retraite véritable à… 65 ans et plus.

Le temps de la contre offensive ?

En juin le gouvernement a rétabli le droit de partir à 60 ans pour quelques dizaines de milliers de salariés ayant commencé à travailler avant 20 ans. Avec l’Union syndicale SOLIDAIRES nous jugeons cela totalement insuffisant. Nous voulons l’abrogation des contre-réformes imposées depuis 1993. Nous voulons la retraite pour tous à 60 ans. Nous voulons travailler à relégitimer la revendication de 37,5 annuités pour tous pour une retraite à taux plein, non seulement parce que cette durée correspond à la réalité actuelle constatée mais aussi parce que nos sociétés sont suffisamment riches de la productivité du travail pour assurer à ce niveau la solidarité entre les générations.

Reprendre l’offensive, c’est dans l’immédiat imposer la suppression de tout le système de décotes, véritable double peine qui casse le montant des retraites de pratiquement toutes celles et tous ceux qui sont en âge de partir. Avec l’arrivée en retraite des générations du baby boom, un choix de société se dessine. À nous de mettre le partage des richesses et la solidarité entre les générations au centre des débats.

Sud éducation Puy-de-Dôme