Rythmes scolaires

Pas besoin de plus d’école, mais d’école autrement
samedi 16 février 2013

Le projet de décret relatif aux rythmes scolaires dans le 1er degré présenté au CSE de janvier met un terme au débat largement instrumentalisé par le gouvernement pour se dispenser d’une réflexion de fond sur l’école et masquer l’indigence de ses propositions pour prétendument la « refonder ».

Les élèves restent à 24h d’enseignement par semaine mais la répartition des heures d’enseignement change et la semaine passe à 4 jours et demi. Elle sera organisée en 4 journées (lundi, mardi, jeudi, vendredi) dont la durée maximale ne peut dépasser 5h30 + une demi-journée, le mercredi, d’une durée maximale de 3h30 (avec une possibilité dérogatoire le samedi matin en fonction du projet éducatif local).

L’organisation de la semaine est fixée au niveau départemental par le DASEN mais les conseils d’écoles et collectivités territoriales (maires ou groupement de communes) ont la possibilité de proposer une autre organisation de la semaine, à titre dérogatoire pour une durée de 3 ans.

En plus de ces 24h d’enseignement obligatoire, viennent s’ajouter des activités pédagogiques complémentaires optionnelles, organisées en petits groupes, qui comprennent des heures pour l’aide aux élèves en difficulté et/ou au travail personnel et/ou pour les activités prévues par le projet d’école en lien avec le projet éducatif territorial (PET).

Nouvelle répartition

Les 108 heures anuualisées sont toujours dues par les enseignant-es mais les modalités d’organisation (et la répartition interne entre animations pédagogiques, conseils, etc.) changent et seront réparties ainsi : 36h avec les élèves, 24h pour la concertation et l’organisation de ces heures (dont le contenu et l’organisation seront proposés et validés par le conseil des maître-sses et qui remplacent les 60h d’aide personnalisée), 24h de conseil des maitre-sses/cycle, 18h pour les animations pédagogiques et la formation continue (au moins 9h pour cette dernière), 6h pour les conseils d’école.

Ce projet qui s’inscrit dans la droite ligne des projets du gouvernement précédent, ne prend en compte ni les conditions d’accueil et d’enseignement pour les élèves, ni les conditions de travail des enseignant-es :
- l’aide personnalisée, mise en place en 2007 pour supprimer 3 000 postes de RASED en contrepartie du samedi matin libéré, demeure mais change de nom, pour devenir « aide individualisée ». La restitution des 3 000 postes de RASED, elle, n’est pas à l’ordre du jour ;
- il entérine la dissociation entre les heures d’enseignement et d’accompagnement qui pose des problèmes d’équité territoriale. Certains élèves auront le droit à des activités culturelles pendant que celles et ceux des ZEP seront cantonné-es à du pseudo soutien scolaire alors que les élèves en difficulté n’ont pas besoin de plus d’école mais d’école autrement ;
- les collectivités territoriales voient leur marge de manœuvre et leurs pouvoirs accrus avec la possibilité d’augmenter l’amplitude horaire des journées (jusqu’à 5h30). Ainsi elles pourront augmenter, par exemple, la durée de la pause méridienne (certaines villes annoncent déjà un passage de 2h à 2h30). Avec plus d’élu-es dans les conseils d’école, elles augmenteront leurs moyens d’arbitrage et de pression pour tout ce qui concerne l’organisation de la semaine mais aussi les choix pédagogiques à travers les PET ;
- L’augmentation de l’amplitude de travail avec une demi-journée supplémentaire devant les élèves aura pour conséquence, de fait, le report au mercredi après-midi ou au samedi matin d’une partie des formations, animations et réunions de concertation et ce sans aucune compensation financière.

La réforme des rythmes ne peut être dissociée d’une réflexion de fond sur l’école. Elle est un enjeu pour les élèves, pour leur famille et l’ensemble de la société, et ne peut se faire qu’en articulant l’amélioration des conditions d’accueil et d’enseignements des élèves et les conditions de travail des enseignant-es.

Sud éducation Créteil et commission 1er degré