Rythmes scolaires : Poursuivre la lutte en janvier

Sud éducation Créteil
jeudi 9 janvier 2014

Depuis la parution du décret instaurant de nouveaux rythmes scolaires en janvier 2013 et sa mise en œuvre dans seulement 20% des communes, la contestation des personnels n’a pas cessé.
Après les grèves de novembre et de décembre, le ministre continue d’ignorer les revendications des enseignant-es alors qu’au terme d’un premier trimestre d’application, sont largement partagés les constats de nombreux dysfonctionnements et de fatigue accrue des enfants, enseignant-es, animateurs et animatrices et agent-es.
Au lieu d’une amé́lioration de leurs rythmes, les é́lè̀ves se retrouvent sans repères entre temps scolaire et pé́riscolaire, avec des horaires diffé́rents selon les villes, selon les é́coles, voire selon les jours.

Vers la municipalisation et le glissement des missions de l’Éducation nationale vers les communes

L’unique objectif de cette ré́forme est d’imposer à̀ tous une « municipalisation » plus grande des activités faites par les enfants durant un temps "scolaire" qui est partagé entre les personnels d’état (les enseignant-es) et les personnels municipaux (les animateurs et animatrices, les atsems). Les enseignant-es, avec un horaire encore ré́duit, vont pouvoir rogner toujours plus sur les enseignements artistiques, sportifs, et laisser ces matières « sans importance » aux animateurs et animatrices.

Une précarité accrue

Cette ré́forme permet de faire travailler des personnels souvent pré́caires avec des groupes d’enfant presque identiques aux groupes des classes. Elle permet aux collectivités locales d’intervenir de manière plus ouverte dans le fonctionnement de l’école : réquisition des classes pour les activités avec les animateurs et animatrices, empê̂chant les enseignant-es de pré́parer leur travail, activités plus ou moins originales et coû̂teuses selon le quartier, le public, la ville, sans compter le brassage de groupes d’enfants où̀ personne ne connaît personne, et dans lesquels la sé́curité et la surveillance ne sont pas toujours assurées.

à l’approche des élections municipales, des aménagements se multiplient

Face aux 80% de communes qui n’ont pas encore mis en place la réforme mais qui doivent rendre leur projet éducatif territorial d’ici peu, le premier ministre a promis un nouvel assouplissement des taux d’encadrement pour les centres de loisirs, assorti d’une amplification du soutien financier aux petites communes.
La remise des PEDT [1], avec les propositions d’horaires pour validation aux directions académiques, prévue pour avant Noël, a été repoussée à février. Certains maires ont déjà annoncé qu’ils ne se prononceraient pas sur cette question avant les élections municipales.

Vers la flexibilité pour les personnels enseignant-es remplaçant-es

Cette réforme contribue au démantèlement du service public d’éducation tout en dégradant les conditions de vie et de travail des différentes catégories de personnels concernés.
Pour s’adapter aux différentes mises en œuvre d’une commune à l’autre, voire d’une école à l’autre, le ministère a soumis aux organisations syndicales un projet visant à flexibiliser le temps de travail des professeur-es des écoles remplaçant-es ou en poste fractionné. Ce décret permettrait que les « personnels enseignants du premier degré chargés soit de fonctions de remplacement, soit de l’accomplissement d’un service hebdomadaire partagé entre plusieurs écoles », travaillent plus de 24 heures par semaine  : « les heures d’enseignement accomplies au cours de l’année scolaire en dépassement des obligations de service hebdomadaire [...] donnent lieu, au cours de cette même année, à̀ un temps de récupération égal au dépassement constaté ». C’est un début d’annualisation du temps de travail et, assuré́ment, une flexibilisation. Cerise sur le gâ̂teau : « L’autorité́ acadé́mique définit le calendrier des temps de ré́cupé́ration ». Cela se fera « après consultation de l’agent », mais c’est le DASEN qui décidera quand les jours seront ré́cupé́rés !

Relancer et poursuivre la mobilisation

Pour gagner la suspension de la réforme, l’abrogation du décret et une autre réforme, la mobilisation doit se poursuivre, s’amplifier et avoir des suites nationales en janvier. Il s’agit maintenant de passer à la vitesse supérieure et de mettre en débat la construction d’un mouvement de grève reconductible pour faire céder le ministère et son gouvernement.


[1Projets éducatifs territoriaux