« SIRHEN » : le fichage informatique continue !

samedi 21 avril 2012

Un nouveau décret (nº 2012-342 du 8 mars 2012) « portant création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « SIRHEN » relatif à la gestion des ressources humaines du ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative » officialise le fichage informatique des personnels.
« Ce traitement automatisé réunira les différentes bases de gestion de données de ressources humaines existantes en un seul nouveau traitement qui aura pour objet :

  1. la gestion administrative et financière des personnels ;
  2. la gestion des moyens (emplois, postes et heures) ;
  3. le pilotage national et académique, par la production d’indicateurs statistiques. »

Ce texte passé sans publicité et sans débat autorise la mise en place d’un dossier informatisé sur tous les personnels, avec pour objectif affiché la gestion administrative de financière et la production d’indicateurs nécessaire au pilotage. Mais ce dossier contiendra aussi des données concernant :
- les enfants (avec leur numéro d’identification nationale) ;
- les conjoints (avec des informations personnelles, professionnelles, etc.) ;
- les sanctions, les absences (donc des données concernant la santé), les activités syndicales (du moins si elles ont fait l’objet de décharges ou d’absences), les « compétences et aptitudes professionnelles », les compte-rendus et évaluations des entretiens professionnels….

Les services des ressources humaines, ainsi que les inspecteurs (et bientôt les chefs d’établissement ?) auront connaissance de ce dossier. Big Brother n’aurait pas rêvé mieux !

Qui pourra jamais garantir que ce fichier sera mis à jour et que les données devant être effacées le seront effectivement ? Qui pourra garantir que ce fichier ne sera pas utilisé à d’autres fins que la stricte gestion des personnels ?

À Sud éducation, nous dénonçons ce nouveau décret de fichage et de flicage, qui vient compléter les nombreux fichiers déjà existants. Nous exigeons l’abrogation de ce décret !