Séquence syndicale au cinéma

La lutte des salarié·e·s d’une TPE de la culture
mardi 25 décembre 2012

À Orléans, le cinéma « Les Carmes » est une très petite entreprise (TPE) de 8 salarié·e·s. Pour la première fois, une grève y a été organisée le 15 septembre dernier. Suivie par l’ensemble du personnel, elle a été activement soutenue par la section départementale Sud Culture et par Solidaires Loiret. Dans une TPE, l’événement est plutôt inédit. L’existence de structures syndicales (professionnelle et territoriale) a été un apport décisif pour la lutte des salarié·e·s. Éclairage sur un combat d’actualité…

Ne plus subir, réagir

Tout a commencé avec l’arrivée d’un nouveau gérant, il y a deux ans. Le management mis en place est des plus coriaces, caractéristique de ce que peuvent se permettre des patrons qui pensent avoir en face d’eux des salarié·e·s dénué·e·s de ressources comme de capacité de révolte. Les personnels administratifs doivent apprendre à travailler en open space et le quotidien au travail est émaillé de tensions diverses savamment distillées : menaces de licenciement régulièrement invoquées, pressions (le trop fameux « bon stress »), ordres contradictoires, tactique éprouvée du « diviser pour mieux régner ». Il arrive que les salarié·e·s « craquent ». Après un premier courrier de mise en garde de la section Sud Culture Loiret, les choses semblent alors quelque peu bouger… mais le naturel du gérant revient vite au galop. Les salarié·e·s décident alors de passer à la vitesse supérieure. La grève est décidée et s’organise pour un samedi de septembre, jour de haute fréquentation.

De la grève aux prud’hommes

Les salarié·e·s mobilisé·e·s prennent contact avec le pôle juridique de Solidaires Loiret et le syndicat national Sud Culture est également sollicité. Le jour dit, les militant·e·s de Solidaires (Sud PTT, Sud éducation, Sud Culture…) sont sur le piquet de grève, aux côtés des grévistes. Une pétition récolte les paraphes des spectateurs et spectatrices solidaires des salarié·e·s. Elle est mise en ligne quelque temps plus tard et a recueilli à ce jour plus de 800 signatures. Le retour au travail est difficile et le gérant persiste par voie de presse : « Je revendique le droit de donner un ordre. La gestion d’une entreprise entraîne des pressions ».

Aujourd’hui encore, ces pressions continuent. Mais les salarié·e·s ont pris goût à l’action syndicale. Une section d’entreprise Sud Culture est officiellement créée. Deux dossiers pour harcèlement sont déposés auprès du conseil des prud’hommes d’Orléans et des procédures sont également engagées pour requalification de contrat de travail et paiement d’heures supplémentaires. Le gérant voit rouge et cherche des poux aux syndiqué·e·s. Loin de capituler, le collectif des salarié·e·s est résolu à ne pas céder un pouce de terrain au patron  : le code du travail et la convention collective sont épluchés et risquent d’être fertiles en nouvelles actions. Quant à la solidarité interprofessionnelle : elle ne fera pas défaut !

Sud éducation Loiret