Série Noire : Services publics en danger de mort... si l’Accord Transatlantique était signé

Fédération Sud éducation
jeudi 6 novembre 2014

Si vous avez suivi les épisodes précédents de notre Série Noire, les sigles TAFTA, GMT, PTCI, TTIP1 n’ont plus de secret pour vous. Derrière les masques de ces acronymes, vous reconnaissez immédiatement le Vampire du Marché Transatlantique, le « Dracula contre les peuples » (comme le nomme Patrick Le Hyaric)2. S’il venait à être signé, ce traité s’attaquerait aux fondements mêmes de notre démocratie et impacterait tous les domaines de nos vies puisqu’il vise à la fois les normes environnementales, sociales et culturelles.
Dans les péripéties précédentes de notre « feuilleton », vous avez lu comment avec le TAFTA, notre alimentation serait contaminée, notre air pollué, notre culture fragilisée etc.
Nos services publics seraient aussi gravement attaqués. En effet, le TAF- TA limiterait le pouvoir des États et réduirait ainsi les principes d’accès universel à ce bien commun. Les secteurs publics sont, en effet, d’im- menses marchés potentiels et cet accord vise à les privatiser, pour le seul profit, bien sûr, des entreprises multinationales. Si, dans un domaine, des services privés existent à côté des services publics, les deux auraient droit aux mêmes subventions, au nom de la « concurrence libre et non faussée »... vous savez, le fameux « renard libre dans le poulailler libre ». Et nombreux sont les domaines où coexistent services publics et services privés : hôpitaux, transports, éducation, courrier, énergie etc. Ainsi, par exemple, une université américaine qui voudrait s’établir en France pour- rait prétendre au même financement qu’une université publique, aux frais du contribuable. Pas possible pour un gouvernement de s’y soustraire, sinon carton jaune de l’entrave au commerce et l’État contrevenant se trouverait,devant un tribunal supra national privé, à verser des millions de dollars d’amendes, là encore au détriment du citoyen.Habile jeu de passe-passe, non ?
Ce n’est donc vraiment pas pour rien que l’Union Syndicale Solidaires se mobilise avec les collectifs STOP TAFTA3, partout en France, comme en Europe et aussi aux États- Unis. À François Hollande qui disait, en février dernier, « Aller vite n’est pas un problème, c’est une solution, nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations », nous ré- pondons en plagiant Susan George : TAFTA « est comme Dracula, il meurt à être exposé en plein jour ». Il est possible de stopper cette soumission des États aux intérêts marchands des multinationales. Les négociations sur le TAFTA doivent être arrêtées car il représente une menace pour les citoyens européens et états-uniens.