Solidaires en Action !

vendredi 1er juin 2012

Le samedi 24 mars dernier, l’Union syndicale Solidaires, qui rassemble les syndicats Sud, organisait à Paris une manifestation nationale pour l’emploi. Près de 6000 manifestant-es, venu-es de nombreux départements, ont battu le pavé parisien. Cette initiative fera date dans l’histoire de notre jeune Union syndicale.

Pourquoi une manifestation nationale pour l’emploi ?

Alors que le pouvoir multiplie les attaques contre les salarié-es et prépare les mauvais coups de la politique d’austérité de demain, l’intersyndicale nationale s’est retrouvée paralysée par la proximité des scrutins présidentiel et législatif. Bien que la TVA anti-sociale se soit mise en place, que les chômeurs aient été stigmatisés, qu’on ait imposé aux fonctionnaires une journée de carence, qu’on ait parlé de possibles accords compétitivité-emploi remettant en cause rien de moins que le code du travail… pour les directions confédérales CGT et CFDT il semblait urgent d’attendre.

Que fallait-il faire ?

Après qu’a été proposée, sans succès, une initiative commune dans le cadre intersyndical, l’Union syndicale Solidaires a décidé de prendre ses responsabilités en appelant à une manifestation nationale pour l’emploi. Le pari était risqué. Mais le développement de l’Union syndicale Solidaires et des syndicats Sud qui comptent désormais plus de 100 000 adhérent-es dont un tiers dans le privé, l’existence accrue de Solidaires départementaux, voire d’unions locales, tout cela permettait de rendre possible une telle initiative.

Il ne s’agissait pas, d’ailleurs, d’une initiative sectaire (comme FO peut parfois en prendre) : dès le départ, la manifestation nationale du 24 mars était proposée comme un cadre convergent pour toutes les équipes militantes luttant contre les licenciements et les suppressions d’emploi, et ce quelle que soit leur appartenance syndicale.

Si très peu de ces équipes militantes ont répondu à notre appel, nous pouvions néanmoins compter sur une présence significative des boîtes dans lesquelles se battent des équipes Sud/Solidaires : des délégations de PSA Aulnay, de la Fnac et de Virgin étaient bel et bien présentes dans la manif. Il faut aussi noter la présence le 24 mars des associations de chômeurs, AC ! et MNCP.

Enfin, et surtout, il était impensable que l’action syndicale soit muselée sous prétexte de période électorale !

À l’offensive !

Avant, pendant comme après les élections, le syndicalisme de lutte et de transformation sociale ne connaît pas de temps morts. Notre calendrier est celui des combats menés par les hommes et les femmes contre les aliénations nées des nouvelles méthodes de travail, contre la rapacité sans limites d’un capital qui malgré la crise (ou grâce à elle ?) ne recherche que le profit à tout prix quitte à sacrifier les vies de celles et ceux qui produisent les richesses : les salarié-es. Et dans notre secteur professionnel : les résistances aux suppressions de postes, aux fermetures de classes ou de sections, aux réorganisations de services.

Comme le dit l’éditorial du dernier Expressions Solidaires, le journal national de notre Union syndicale : « Au lendemain des élections, l’existence de classes sociales aux intérêts opposés ne sera pas abolie. »

L’Union syndicale Solidaires ne compte pas se lier à un gouvernement, quel qu’il soit, ni se faire la « courroie de transmission » d’un parti ou d’un autre. À l’inverse, il est inenvisageable de capituler comme le fait la CFDT qui nous dit, par « apolitisme », que pendant les élections il ne faut pas chercher à mobiliser les salariés.

Bien au contraire, le rapport de force contre les politiques d’austérité se construit maintenant ! Le débouché de nos luttes ne sera en aucun cas une quelconque alternance gouvernementale : ce sera la société que nous voulons demain par nos combats d’aujourd’hui.

6000 manifestant-es monté-es d’une quarantaine de départements, rassemblé-es par Solidaires le 24 mars à Paris dans une manifestation vivante — remercions au passage la compagnie Jolie Môme pour l’animation du cortège ! — colorée et interprofessionnelle qui a défilé de la Place de la Bourse à la rotonde de la Villette : voilà qui atteste indéniablement qu’un courant syndical de lutte et de transformation sociale existe réellement et est disponible pour se battre.

Sud éducation Loiret