Soutenons les communautés zapatistes en rébellion

souscription « De l’eau pour les zapatistes »
mercredi 18 septembre 2013
mis à jour jeudi 19 septembre 2013

L’union syndicale Solidaires a décidé d’organiser une souscription nationale qui s’adresse à tous ses syndicats nationaux, à toutes ses fédérations, aux syndicats départementaux et régionaux de ces fédérations, aux Solidaires locaux et à l’ensemble des adhérents de Solidaires.

Depuis le soulèvement du 1er janvier 1994, les communautés indigènes zapatistes de l’État du Chiapas au Mexique résistent à toutes les agressions du gouvernement, des grandes entreprises capitalistes et des propriétaires terriens. Sur le territoire qu’ils et elles contrôlent, les zapatistes ont décidé de mettre en pratique leurs revendications en construisant leur autonomie : autorités locales qui « gouvernent en obéissant », système de santé et d’éducation, coopératives au service de toutes et tous.

Entre 1994 et 1995, les zapatistes ont récupéré des terres, reprises aux grands propriétaires terriens. Sur ces terres récupérées, des groupes de familles se sont installés et travaillent collectivement. La base de l’organisation zapatiste est la communauté et l’ensemble du territoire zapatiste est organisé en municipalités (municipios), regroupées en 5 zones (caracoles).

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En août 2012 une demande a été faite à une délégation de l’Union Syndicale Solidaires qui s’est rendue en territoire zapatiste : aider les communautés à amener l’eau potable sur les terres récupérées. Cette eau est indispensable pour y poursuivre l’installation de communautés et améliorer les conditions de vie qui sont déjà rendues très difficiles par les agressions des organisations paramilitaires soutenues par les grands propriétaires et le gouvernement Cette aide concernera des dizaines de communautés souvent éloignées les unes des autres.

Le comité national de Solidaires a décidé de répondre favorablement à cette proposition en organisant une souscription nationale sur deux ans. La première étape de cette souscription (de septembre 2012 à juillet 2013) a permis de réunir 8000 €, somme que les deux déléguées de Solidaires invitées en août de cette année à la Escuelita zapatiste ont pu remettre aux zapatistes. Mais la lutte continue, c’est pourquoi cette souscription se poursuit cette année.

Nous appelons à nouveau tous les syndicats nationaux, toutes les fédérations appartenant à l’Union Syndicale Solidaires, les syndicats départementaux et régionaux de ces fédérations, les Solidaires locaux à participer à cette souscription. Cet appel s’adresse également à l’ensemble des adhérents de l’Union Solidaires.

Bulletin de souscription « De l’eau pour les zapatistes »

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Verse la somme de :

Demande de reçu : oui / non

Chèque à l’ordre de Solidaires à renvoyer à :

Solidaires (Chiapas) 144 Bd de la Villette 75019 Paris

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Bulletin de souscription « De l’eau pour les zapatistes »

Merci de diffuser largement !

*voir Solidaires International n° 4 « La rébellion zapatiste ».

La lutte zapatiste et la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone

La lutte zapatiste pour la dignité, la liberté et la justice s’est fait connaître lors du soulèvement du 1er janvier 1994, dans les montagnes du sud-est du Chiapas au Mexique. Elle se poursuit aujourd’hui malgré les tentatives des gouvernements successifs pour la faire disparaître. Depuis quelques années, on pourrait croire que les rebelles se sont évanouis dans la nature... et les médias contribuent à créer cette impression à travers l’oubli ou le dénigrement...

Pourtant, une organisation politique autonome a été mise en place. Des systèmes de santé, d’éducation, de production, de justice, de communication... se construisent au quotidien, complètement autonome des gouvernements mexicains. Les décisions sont prise en assemblées et les charges sont des responsabilités collectives qui n’impliquent aucun privilège ni salaire, seulement un devoir envers la communauté.

Les 13 demandes depuis 1994 sont : santé, justice, démocratie, toit, éducation, terre, paix, alimentation, liberté, travail, communication, indépendance et culture.

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Et les 7 principes :

- Servir et ne pas se servir (Servir y no servirse)
- Représenter et ne pas dominer (Representar y no suplantar)
- Construire et ne pas détruire (Construir y no destruir)
- Obéir et ne pas diriger (Obedecer y no mandar)
- Proposer et ne pas imposer (Proponer y no imponer)
- Convaincre et ne pas vaincre (Convencer y no vencer)
- Descendre et ne pas monter (Bajar y no subir)

En 2005, 20 ans après la naissance de l’organisation, et 10 ans après le soulèvement en armes, les zapatistes ont appelé largement à signer leur Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone. Ce texte présente leur analyse de la situation actuelle : « nous disons que la globalisation néolibérale est une guerre de conquête du monde, une guerre mondiale, une guerre que fait le capitalisme pour dominer mondialement. (…) le capitalisme de la globalisation néolibérale se fonde sur l’exploitation, le pillage, le mépris et la répression contre ceux qui ne se laissent pas faire. C’est-à-dire comme avant, mais maintenant globalisé, mondial. » « Mais ce n’est pas si facile pour la globalisation néolibérale, parce que les exploités de chaque pays ne se laissent pas faire et ne se résignent pas, mais se rebellent ; (…) comme il y a une globalisation néolibérale, il y a une globalisation de la rébellion. (…) nous voyons que dans notre pays, il y a beaucoup de gens qui ne se laissent pas faire, qui ne se rendent pas, qui ne se vendent pas. Autrement dit, des gens dignes. »

Il s’agit d’une déclaration qui s’adresse aussi à nous, syndicats de transformation sociale. Cette déclaration affirme notamment : « Dans le monde, nous allons davantage fraterniser avec les luttes de résistance contre le néolibéralisme et pour l’humanité. Et nous allons soutenir, bien que ce soit peu de chose, ces luttes. Et nous allons, dans le respect mutuel, échanger nos expériences, histoires, idées, rêves. Nous avançons vers la démocratie, la liberté et la justice pour ceux à qui elles sont niées. Nous avançons avec une autre politique, pour un programme de gauche et pour une nouvelle constitution. »

L’appel de cette Déclaration résonne ici et là-bas : « Nous demandons aux hommes et aux femmes qui ont une bonne pensée dans leur coeur, qui sont d’accord avec notre parole et qui n’ont pas peur, ou qui ont peur mais qui se contrôlent, qu’ils déclarent publiquement s’ils sont d’accord avec cette idée que nous déclarons et nous allons ainsi voir tout de suite avec qui et comment et où et quand va se faire ce nouveau pas dans la lutte. »

Solidaires doit se joindre à ce mouvement

Depuis, l’Autre Campagne, qui a débuté en 2006, a permis aux adhérents à cette déclaration du Mexique de se rencontrer et de se mettre en réseau.

Ce réseau se structure surtout autour du Conseil National Indigène et mène des luttes contre la répression et pour la libération des prisonniers.

Un réseau international existe, essentiellement autour des collectifs de solidarité en Europe et de syndicats tels que la CGT espagnole et la CNT en France, mais reste fragile. Avec quelle participation de l’Union Syndicale Solidaires ?

Les communautés zapatistes poursuivent leur lutte pour leur autonomie et, dans un contexte de recrudescence du harcèlement et de la répression, nous avons besoin, plus que jamais, d’être unis et solidaires.

Cette déclaration doit nous interpeller et c’est la raison pour laquelle une délégation de la Commission Internationale de Solidaires s’est rendue Chiapas cet été 2012 à la rencontre de leur lutte.

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