Sur le décret portant création des AED AESH et modifiant les modalités de remplacement des professeur-e-s absent-e-s

Déclaration de la fédération SUD éducation au Comité technique ministériel du 13 mai 2014
jeudi 15 mai 2014

Mêler au sein d’un même décret, comme s’il s’agissait du même vivier, des salarié-e-s titulaires d’un master pour enseigner, avec celles et ceux titulaires d’un CAP « aide à la personne » doit interpeller. Voudrait-on convaincre qu’il s’agit potentiellement des mêmes personnes ?

En creux se dessine le mépris des diplômes universitaires qui offriraient, sans rire, la possibilité à une détentrice d’un bac + 5 d’une opportunité d’emploi dans l’Éducation nationale à temps incomplet, au salaire minimum de la Fonction Publique, sous réserve qu’elle acquiert encore un CAP pour pouvoir travailler en attendant le jour où elle pourra valoriser ses études pour quelques semaines, quelques mois, le temps d’un remplacement, dans un temps limité renouvelable ; ce temps compté ou pas compté dans les 6 ans d’AESH qui autorisent un CDI ?

Je précise que l’emploi du féminin ici est arbitraire et que je l’ai bien sûr utilisé comme genre générique de l’humain. En effet, ce décret ce n’est quand même pas comparable avec les annonces pour quelques heures de strip-tease que Pôle Emploi adresse à de jeunes chômeuses titulaires d’un doctorat, comme la presse s’en fait régulièrement l’écho. Ce n’est pas comme si l’accompagnement des enfants porteurs de handicap faisait appel à la condition sociale et économique des femmes.

Ce décret qui ne concerne donc qu’une infime minorité des AVS est une carotte que l’on tend pour diviser des salarié-e-s qu’on traite comme des ânes, plus souvent comme des bourriques, affecté e s sur des mêmes missions, des mêmes fonctions.

Ce texte est donc plus que ridicule, il est scandaleux d’absurdité et de déni d’équité, infamant pour une fonction féminisée à plus de 90%.

Mais ce ne sont pas les éventuelles 2000 personnes cédéisées, pour 54 000 AVS en poste actuellement, qui sont ridicules. Pour ces personnes, SUD Education s’abstiendra afin de ne pas fermer cette opportunité juridique qui fait entrer des AED dans le droit commun de la Fonction Publique : la cédéisation possible au-delà des 6 ans. Ce qui est déjà terriblement insuffisant et qui fait de l’employeur public, le patron le plus voyou de France.

Titularisation de tous et toutes sans condition pour l’emploi pérenne reste notre revendication.

Documents joints

Déclaration SUD éducation CTM 13/05/2014
Déclaration SUD éducation CTM 13/05/2014
Sur le décret portant création des AED AESH et modifiant les modalités de remplacement des (...)

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