Syndicalistes et antifascistes

Sud éducation Loiret
vendredi 6 décembre 2013

Depuis 1996, le Front national tente régulièrement des incursions dans le monde du travail : la vigilance syndicale antifasciste a réussi jusqu’à aujourd’hui à faire barrage à ces tentatives. Et le 29 janvier 2014 se tiendra la première journée intersyndicale antifasciste.

Coup d’œil dans le rétro

Le grand mouvement social de novembre-décembre 1995 avait à l’époque rendu muet le Front national. Pris de court, il avait tenté de se rattraper en créant des « syndicats » estampillés FN dans la Police, la pénitentiaire et à la RATP qui furent finalement interdits par la justice. Cette tentative mit toutefois en alerte des syndicalistes de la CGT, de la FSU, de la CFDT, des Sud fraîchement créés et des autres syndicats du G10 (ancêtre de Solidaires), notamment engagés au sein de l’association Ras l’Front. En mars 1996, ils et elles lancent une publication, Informations syndicales antifascistes (ISA), qui se structure en association afin d’assurer une veille active : ce sera la création de Vigilances et initiatives syndicales antifascistes (VISA).

VISA va devenir une référence pour les syndicalistes qui veulent combattre le FN et les idées d’extrême droite au quotidien organisant des formations syndicales, publiant de nombreuses analyses sur son site internet[1] ainsi que du matériel (brochures, affichettes pour les panneaux syndicaux…).

D’autant que le FN est loin d’avoir lâché l’affaire : en 2008, il tente de monter des listes à l’occasion des élections prud’homales par le biais d’une officine qui se formalisera en 2011 avec la création d’un Cercle national de défense des travailleurs et travailleuses syndiqué-es. Cette même année, le parti fasciste réussit à présenter des candidat-es syndicalistes lors des élections cantonales : si Fabien Engelmann, transfuge de la CGT Moselle, fut le cas le plus médiatisé, c’est malheureusement l’ensemble des organisations syndicales qui furent touchées par cette tentative d’instrumentalisation.

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Des journées intersyndicales antifascistes

Au plan national, toutes ne réagissent pas à l’identique. Si les réactions sont vigoureuses du côté de la CGT, de la FSU, de Solidaires ou de la CFDT qui procèdent aux exclusions de leurs membres se réclamant du FN, la CFTC ménagera de fait « ses » frontistes, sa branche cheminote refusant d’exclure un de ses adhérents, pourtant membre dirigeant du FN. Le cas FO reste un peu à part, cette organisation se distinguant en mettant en avant son « apolitisme » proclamé plus que l’incompatibilité du syndicalisme avec les « idées » d’extrême droite.
Le 5 juin 2013, le meurtre de Clément Méric, jeune antifasciste libertaire, militant à Solidaires étudiant-es, a conduit un certain nombre d’organisations (associatives, syndicales ou politiques) à reprendre le chemin du travail unitaire contre l’extrême droite. Des contacts sont ainsi noués qui vont aboutir au projet de journées intersyndicales antifascistes. La confédération CGT, l’Union syndicale Solidaires et la FSU ont d’ores et déjà décidé de le concrétiser en programmant ladite journée pour le 29 janvier 2014. Il s’agira à la fois de confronter nos analyses mais aussi d’échanger, en ateliers, entre militant-es des différentes organisations. On gagnerait d’ailleurs à organiser le même type de journées dans les régions et les départements. C’est le cas en Isère et, dans le Loiret, Solidaires a pris l’initiative de le proposer à la CGT et la FSU.

Antifascistes toujours !

Nous savons qu’aujourd’hui l’extrême droite, dans toutes ses composantes, est à l’offensive : poussée électorale du FN, visibilité accrue des identitaires, violences des néo-nazi-es, « phénomène » Dieudonné/Soral en plein essor…
Aujourd’hui la « lepénisation des esprits  » a fait des ravages et ce n’est pas en s’attaquant aux Roms comme le fait Valls qu’on y mettra un coup d’arrêt. Quant aux politiques d’austérité que mènent tous les gouvernements européens, celui d’Hollande-Ayrault-Gattaz compris, elles font le lit du fascisme.
Dans notre secteur professionnel, un « Collectif Racine » veut matérialiser le ralliement d’enseignant-es au FN. S’ils ne sont aujourd’hui que quelques dizaines, c’est près de 40 000 enseignant-es qui ont voté pour Le Pen en 2012. Autant dire que l’heure n’est pas à la politique de l’autruche.
Syndicalistes, nous luttons pour l’égalité des droits et une société débarrassée de toute discrimination : l’extrême droite est notre pire ennemie. Pour nous une injustice faite à l’un ou l’une est une injustice faite à toutes et tous. No pasaran !