Touche pas à ma ZEP !

vendredi 11 novembre 2016

Depuis la rentrée scolaire, des lycées sont mobilisés contre leur sortie du dispositif d’Éducation prioritaire.

Pour rappel, la sortie de l’Éducation prioritaire signifie la baisse des moyens des lycées, actuellement classés, avec la fin des limitations d’effectifs, du travail en petits groupes, du temps pour faire des projets -ces moyens étant déjà largement insuffisants. C’est aussi la remise en cause annoncée des indemnités, et la fin des bonifications pour les points de mutation lors des mouvements inter-académique, ce qui est un coup terrible pour la stabilité des équipes.

À l’initiative, le lycée Joliot-Curie de Nanterre, qui s’est mis en grève reconductible dès le premier jour de la rentrée de septembre, et qui s’est servi de cette grève pour exporter la lutte dans les autres établissements. La mobilisation s’est très vite étendue à d’autres lycées du 92, puis à d’autres départements d’Île de de France et enfin en province.

L’une des caractéristiques de ce mouvement est d’être un mouvement parti de la base, auto-organisé et qui se coordonne au travers d’AG régulières à la Bourse du Travail de Paris. Un travail unitaire, par delà les appartenances syndicales, regroupant des établissements aux labels différents (APV, ZEP, Politique de la Ville, ZUS, ECLAIR, etc.), unis par un appel commun « Touche pas à ma ZEP ! », rédigé en concertation, qui a permis de fédérer les lycées en lutte. L’appel a déjà été signé par plus de 60 établissements dans toute la France. Consultable sur http://www.tpamz.levillage.org, il est toujours ouvert aux signatures.

Les revendications portent sur la mise en place d’un statut et d’une carte élargie de l’Éducation prioritaire pour les lycées avec la garantie d’effectifs limités, de moyens supplémentaires et de compensations spécifiques pour l’ensemble des personnels, assurant ainsi la stabilité des équipes.

Parti de la base, le mouvement s’amplifie

Une fois que la dynamique est devenue favorable, la mécanique s’est enclenchée, entraînant la formation d’intersyndicales larges qui ont amplifié le mouvement. Grâce à cela, une première journée de grève et de manifestation du collectif a rassemblé 300 personnes le jeudi 29 octobre. Devant l’ampleur de la mobilisation, le ministère s’est senti obligé de recevoir les enseignant-es mobilisé-es, ce qu’il se refusait à faire auparavant, arguant d’un mouvement « local ». Seulement, aucune réponse n’a été apportée, la Ministre faisant mine d’ignorer la situation : « mais pourquoi donc êtes vous encore mobilisés alors que j’ai réglé tous les problèmes de l’Éducation prioritaire ? ». La stratégie du ministère consiste en effet à faire passer cette suppression de la ZEP, en lycée, en catimini, sans que personne ne s’en aperçoive, et visait à placer les personnels devant le fait accompli. Avoir cassé le couvercle et mis en lumière ces intentions est déjà en soi une première victoire du collectif. Le ministère a du revoir ses plans en urgence, et a opté pour une stratégie différente, cherchant à acheter la paix sociale en annonçant la prolongation de la prime ZEP (mais uniquement pour les collègues en poste avant 2015 !)

Ce mépris de classe affiché par la Ministre et ces manœuvres, n’affectent en rien la détermination des lycées en lutte, puisque le mouvement ne cesse de progresser et de s’étendre. Une nouvelle journée de mobilisation a eu lieu le mardi 11 octobre, rassemblant cette fois 500 personnes. Parallèlement, la mobilisation s’est accrue dans les lycées avec de nouveaux établissements entrés dans la grève, dans le 93, et pour la première fois en dehors de l’Île de France, notamment à Marseille, et à Dreux (académie Orléans-Tours).

La prochaine journée de mobilisation est prévue le 17 novembre. Pour nous, la puissance de la mobilisation a déjà contribué à faire bouger le ministère (les collègues sont reçu-es car ils-elles se mobilisent dans la durée). Il ne tient qu’à nous, enseignant-es, syndiqué-es ou non, en Éducation prioritaire ou non, d’amplifier la mobilisation pour que les lycéen-nes puissent étudier dans des conditions dignes.
Nous réaffirmons notre soutien à la mobilisation contre la sortie des lycées de l’Éducation prioritaire et appelons les collègues à se réunir pour discuter des perspectives de grève et de mobilisation pour faire du 17 novembre une journée d’ampleur nationale !

Sud éducation Hauts-de-Seine