Un budget 2013 en trompe-l’œil…

mardi 25 décembre 2012

Le budget 2013 de l’éducation nationale atteindra 62,7 milliards, en hausse de 2,9%. Avec l’augmentation du nombre de retraité·e·s dont les pensions sont intégrées dans le budget global du ministère, le budget réellement affecté n’augmente que de 300 millions (0,6%). Le gouvernement prévoit une augmentation du PIB de 1,2%. Il projette donc que les capacités de l’éducation nationale augmenteront moins que les richesses globales produites dans le pays. Par ailleurs, une inflation de 1,7% à 2% est annoncée pour 2013. Donc les 0,6% d’augmentation du budget du MEN ne compenseront pas la hausse des prix et, en valeur, les moyens du service public d’éducation vont diminuer ! Comment parler alors de priorité à l’éducation ?

Le budget n’est pas discuté dans le cadre de la préparation de la loi d’orientation. C’est pourtant un enjeu décisif, car si la question des politiques éducatives ne peut se réduire à celle des moyens, aucune politique ambitieuse n’est possible sans un engagement budgétaire fort. Cette question, en elle-même essentielle, est encore davantage d’intérêt général étant donné la manière dont la question de l’éducation est instrumentalisée. Le gouvernement Hollande/Ayrault affiche, en effet, une « priorité à l’éducation » pour légitimer sa politique de rigueur. La réalité du budget vient démentir cette opération de communication.

Si on déduit les remplacements des départs à la retraite, les créations réelles s’élèvent à 8781 postes budgétaires, soit 10% des 80 000 postes supprimés ces cinq dernières années.

À ce rythme, la moitié seulement des postes supprimés par Sarkozy seraient rétablis sous Hollande. C’est aussi avec ces éléments en mémoire qu’il convient d’apprécier les annonces et projets du gouvernement en matière de politique éducative.