Une école, un toit, des papiers :

un combat pour Sud éducation aux côtés des sans-papiers
jeudi 12 mai 2016

Le 19 et 20 mars, le Réseau Éducation Sans Frontières de l’Allier accueillait à Blomard un rassemblement national des différents RESF qui militent aux côtés des enfants de famille sans-papiers, voire aux côtés de tous les sans-papiers et demandeurs d’asile. Plus de cent-vingts personnes représentant 29 collectifs différents ont tenté de dresser un bilan de la situation des sans-papiers sous la présidence de Hollande. Une quinzaine de jeunes étranger-es directement concerné-es par ces problèmes participaient également à ce week-end de travail. La dernière rencontre de ce type remontait à la législature précédente.

Chaque intervention a permis de montrer la grande difficulté dans laquelle se trouvent les sans-papiers, qu’ils-elles soient adultes célibataires, mineur-es isolé-es ou en famille dans un pays où le premier ministre a décidé que « être de gauche, ce n’est pas soutenir la régularisation des sans-papiers ». Tout cela dans une situation internationale où les discours officiels et médiatiques opposent les « bon-nes migrant-es », celles et ceux qui fuient la Syrie, aux « migrant-es économiques » c’est à dire tou-tes les autres, qui sont soupçonné-es de venir en France parce que c’est plus confortable. Il y a vingt ans, c’est le FN qui parlait comme cela, aujourd’hui c’est le gouvernement « socialiste ». Si dans quelques départements, quelques élu-es restent aux côtés des collectifs de soutien, de nombreuses interventions ont pointé la disparition des élu-es socialistes qui soutenaient parfois RESF lorsque Sarkozy était au pouvoir.
Les expulsions se comptent toujours en dizaines de milliers, Vals ministre de l’Intérieur se félicitait en 2013 d’avoir fait aussi bien que ses prédécesseurs. Malgré cela, nombre de familles avec enfants scolarisé-es présentes depuis plus de 5 ans arrivent quand même à obtenir une régularisation, surtout quand elles bénéficient de l’appui du milieu scolaire (parents, personnels, syndicats). Ces régularisations révèlent en fait l’inutilité des persécutions endurées. Des lycéen-nes sans papiers finissent par obtenir également un titre de séjour mais les conditions dans lesquelles ils et elles sont amené-es à vivre dans l’attente de papiers constituent bien une négation du droit à l’éducation. Le nombre des mineur-es isolé-es étranger-es non pris-es en charge par les départements qui en ont pourtant l’obligation légale augmente partout ainsi que celui des jeunes majeur-es mis-es à la rue par l’Aide Sociale à l’Enfance le jour de leur dix-huitième anniversaire.
Le barrage à la régularisation provoque une paupérisation dramatique de ces jeunes étranger-es isolé-es et des familles, même avec enfants, qui de plus en plus nombreuses, dorment à la rue, survivent de la charité et de l’aide des organisations et des réseaux solidaires. Préfectures et Conseils départementaux se renvoient la balle en insistant sur le fait que c’est l’autre qui doit prendre en charge. Pendant ce temps-là, des enfants, des jeunes, nos élèves dorment dehors, des familles s’abritent la nuit dans les halls des hôpitaux.
La liberté de circulation et d’installation, et donc la régularisation de toutes et tous, constituent bien évidemment la solution défendue par toutes celles et tous ceux qui militent depuis des années aux côtés des sans-papiers.
Pour l’heure, le Réseau Éducation Sans Frontières auquel participent plusieurs syndicats Sud éducation dans la Somme, la Haute-Loire, la Seine Maritime, le Puy-de-Dôme ou ailleurs, lance une campagne nationale de mars à juin 2016 intitulée « Le Printemps des Migrant-es ». Elle vise à alerter l’opinion publique sur l’indispensable régularisation pour répondre à un impératif élémentaire : une école, un toit, des papiers.

Partout nous pouvons renforcer ces initiatives pour l’égalité des droits.

Sud éducation Puy-de-Dôme - Allier