Urgence

Contribution aux débats de la fédération Sud éducation
mercredi 6 janvier 2016
mis à jour dimanche 10 janvier 2016

Après les attentats du 13 novembre qui se sont déroulés à Paris et à Saint-Denis, l’état d’urgence a été décrété le soir même. Instauré par la loi n° 55-385 du 3 avril 1955, « L’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain ou des départements d’outre-mer, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ».

Que le gouvernement prenne des mesures de sécurité face aux attaques terroristes, c’est son rôle. En revanche, la nature, la finalité et la durée de celles-ci, notamment s’agissant de l’état d’urgence, et les interdictions d’occupation de l’espace public, à géométrie variable et à discrétion des préfectures, ne doivent pas échapper au contrôle démocratique des citoyen-nes tant du point de vue de leur légitimité que de leur efficacité. « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux ». (Benjamin Franklin)

Les manifestations et actions du mouvement social ont été interdites alors que, dans le même temps, les matchs de foot ou les marchés de Noël, étaient autorisés. Ces interdictions n’ont donc pas été uniquement prononcées pour des raisons de sécurité et elles ont donné lieu à de multiples arrestations, gardes à vue et assignations à résidence : l’état d’urgence est instrumentalisé aux fins d’étouffement de la contestation sociale.

Depuis trente ans, on assiste à un empilement des lois qui accordent plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, qui organisent une justice d’exception et restreignent nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme. Pour quelle efficacité ?

« Si la réponse à la barbarie passe par la suspension des droits, la réduction les libertés et le renfermement sur soi, la victoire du terrorisme sera totale. Si, à la souffrance ressentie pour les victimes innocentes, on répond par encore plus de souffrance, la spirale sera imparable ». (Pas en notre nom ! appel à lire en espagnol sur http://www.noasusguerras.es/)

Il est plus que jamais essentiel de faire vivre, par nos actions, la lutte pour plus de justice sociale, plus de services publics, et plus d’égalité des droits.

Être fermes sur les libertés publiques et les libertés syndicales, c’est défendre la démocratie pour toutes et tous.

Contribution aux débats de la fédération Sud éducation