Violence managériale et répression syndicale

mardi 9 mai 2017

Communiqué de la Fédération Sud-Rail

La Fédération Sud-Rail interpelle le Président de la République, le gouvernement et les dirigeants de la SNCF.

« Monsieur le Président de la République,

Depuis plusieurs années, la Fédération Sud-Rail, 3ème Organisation Syndicale dans l’entreprise SNCF et représentative dans la branche ferroviaire, alerte sur la souffrance au travail des salarié-es de l’entreprise et d’un système ferroviaire en constante restructuration.

Depuis la mise en œuvre de la loi du 4 août 2014 portant réforme du système ferroviaire et après le conflit social du mois de juin 2016, nous faisons le constat que les dérives managériales et la répression antisyndicale à l’œuvre dans l’entreprise publique se portent à un niveau jamais atteint. Ces dérives, excès de pouvoir ou autre autoritarisme, poussent aujourd’hui les femmes et les hommes qui font le transport ferroviaire public, qu’elles et ils soient cheminot-es ou délégué-es syndical-es, à souffrir, à être discriminé-es, harcelé-es… et à mourir du travail !

Malgré plusieurs alarmes sociales et des éléments factuels incontestables, la Direction se refuse toujours à remettre en cause sa politique managériale. Bien au contraire, elle l’accentue dans un contexte où la politique de recherche de la productivité à tout prix ramène, pour les responsables en place, à considérer les salarié-es à une simple variable d’ajustement budgétaire.

Au mois de novembre 2016, la Fédération Sud-Rail a interpellé le Secrétaire d’État aux Transports, le Président du Conseil de Surveillance SNCF et le Président « historique » de SNCF sur la situation sociale critique dans l’entreprise et sur le manque d’action concrète et de transparence de l’entreprise sur ces questions de souffrances, de suicides et de répressions antisyndicales. À ce jour, nos interpellations écrites sont restées sans réponse, rien n’a été mis en œuvre… et plusieurs salarié-es, souvent adhérent-es ou militant-es syndical-es, ont mis fin à leurs jours. Un de ces drames les plus récents concernait Edouard, un cheminot, reconnu travailleur handicapé, qui, après avoir subi plusieurs années de harcèlement et de discrimination, a préféré mettre fin à ses jours plutôt que de continuer à subir un harcèlement dévastateur.

La Fédération Sud-Rail, l’union syndicale Solidaires, l’ensemble des structures syndicales et les représentant-es du mouvement social qui étaient présent-es lors de cette journée d’hommage, se refusent à rester silencieux/euses et iront jusqu’au bout pour que la responsabilité de l’entreprise SNCF et de son management soit reconnue. Aujourd’hui, être militant-e syndical-e dans certaines entreprises publiques semble être devenu en soi un crime ».