1er degré : En avant vers l’école libérale !

 novembre 2002
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Quelques rappels...

Le rapport Moisan-Simon (1997) a relancé l’idée de directeurs-chefs d’établissement et supérieurs hiérarchiques. Dans ce contexte, le mouvement des directeurs initiés par la FSU, la CFDT et l’Unsa est au mieux lourd d’ambiguïtés, au pire complice. En septembre 98, la même Mme Moisan, Inspectrice Générale de l’EN a clairement énoncé 2 principes : l’échec scolaire n’est pas une question de moyens mais de performances de l’enseignant ; en conséquence de quoi elle s’est déclarée favorable à une gestion différenciée des salaires en fonction de cette performance, du rendement de l’enseignant.

Logique hiérarchique contre responsabilité collective.

La logique libérale renvoie à l’individu et à sa "responsabilité individuelle" face à son chef. Elle est aux antipodes de la tradition des écoles en France, basée sur le fonctionnement collectif autour du Conseil des maîtres et du Conseil d’école. Cette tradition collective est dans le collimateur des ministères successifs, avec le renforcement de la pression des inspecteurs, l’instauration du "mérite", le projet de "super-directeur". Si ce renforcement de l’encadrement, cette individualisation sur le lieu de travail, vont à l’encontre d’un véritable travail en équipe et d’une saine coopération, ils visent aussi à empêcher toute réponse collective aux attaques dont l’école publique fait insidieusement l’objet.

L’école n’est pas une entreprise !

La déferlante libérale initiée par la Commission européenne et relayée par les différents gouvernements remet en cause le service public et favorise le développement dans les écoles d’un mode de "management" copié sur le privé :
- toujours plus d’intervenants extérieurs non formés et hors-statuts, d’emplois-jeunes, de vacataires payés au lance-pierre et appelés à se substituer à des personnels titulaires,
- toujours moins de postes, d’où des classes à double voire triple niveaux qui deviennent la norme, surtout dans les zones rurales,
- des moyens de remplacement qui tendent à se réduire considérablement,
- une direction aux taches toujours plus écrasantes, reposant souvent sur les épaules d’un(e) seul(e) collègue, dont la décharge peut être remise en cause à tout moment par manque de personnel de remplacement,
- des réformes trompe-l’œil pour réduire le budget de fonctionnement de l’Éducation nationale et masquer la remise en cause des statuts, culpabiliser les personnels en éludant les problèmes sociaux créés et aggravés par l’offensive libérale en cours.

Il faudra encore du temps pour se débarrasser d’une génération d’instituteurs ou de professeurs des écoles dont l’identité professionnelle a été moulée dans les années 60-70. Néanmoins, il est grand temps de réagir avant qu’il soit trop tard !

Navigation

Mots-clés de l'article