2nd degré. Des réformes dangereuses pour les personnels et le droit à l’Éducation

 novembre 2002
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Favorables à l’interdisciplinarité, nous pensons qu’elle doit être développée avec de vrais moyens pour donner plus de sens aux apprentissages. Pour les ministres successifs, les dernières réformes ont surtout été l’occasion de réduire les horaires et les coûts en adaptant l’École aux projets souvent méconnus du Medef, de la commission européenne, de l’OMC. Pas étonnant que la droite au gouvernement se garde de revenir sur cette adaptation de l’École aux besoins du libéralisme.

L’influence des intérêts patronaux plane sur toutes ces réformes.

Il s’agit, non plus d’élever le niveau d’éducation d’ une classe d’âge mais de fournir rapidement le contingent de travailleurs faiblement formé dont a besoin l’économie actuelle. En collège, la réforme introduit une filiarisation professionnelle à peine déguisée à partir du cycle central et une orientation professionnelle dès la fin de la 4ème. En LP, le lycée des métiers, c’est l’enfermement du futur travailleur dans une dominante professionnelle qui dépendra des possibilités et des besoins du patronat local. Ces régressions ne règlent en rien les causes du malaise actuel ressenti par de nombreux collègues ; celles ci sont certes à rechercher dans l’École actuelle mais surtout dans la crise sociale qui frappe les catégories de familles les plus populaires.

Le glissement des savoirs vers les compétences.

Pour une grande partie des emplois, un haut niveau de culture générale n’est plus perçu comme nécessaire par les décideurs politiques et économiques. L’ERT comme l’OCDE prônent l’accès rapide à l’apprentissage et le développement à l’École de certaines "compétences" jugées plus utiles que les savoirs scolaires. Voilà qui rend lisible les coupes horaires du collège au lycée, l’évolution de certains programmes et l’introduction des IDD en collèges après leurs cousins PPCP en LP, TPE et ECJS en lycées. Ce dévoiement du travail interdisciplinaire nous inquiète comme tous les collègues obligés de tirer pour leurs élèves le meilleur profit de ces innovations.

La généralisation du contrat comme mode de gestion dans l’Éducation Nationale.

Partout on cherche à attribuer une part grandissante des moyens en dehors de règles nationales et selon des contrats passés entre autorités et établissements. Une partie des moyens attribuée aux collèges variera suivant le projet d’IDD. Même processus dans le lycée des métiers qui devra établir des relations étroites avec les entreprises et la Région. La généralisation de la concurrence entre les établissements et entre les agents, c’est la gestion sur le mode du privé des activités d’enseignement, préfiguration de la privatisation du service public !

La remise en cause des statuts.

L’annualisation rampante du temps de travail est intégrée dans toutes ces réformes. Les IDD ne sont prévus avec les élèves que sur un maximum de 26 semaines. En lycée, les TPE sont concentrés en 1ère et terminale sur le 1er semestre. Conséquences : la charge de travail varie considérablement d’une période à l’autre alors que la pression est forte pour imposer ces innovations en heures supplémentaires. De même, les PPCP sont l’instrument d’une annualisation du temps de travail avec une définition non pas hebdomadaire mais semestrielle ou annuelle de l’horaire.

Une autre façon de nous préparer à l’introduction de l’annualisation et de la flexibilité comme les ATOSS et les CPE ?

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