8 février 1962 --- métro Charonne

 mars 2002
mis à jour samedi 29 janvier 2005

Janvier 1962. C’est bientôt la fin de la guerre d’Algérie. La dernière colonie française va, inéluctablement, vers la seule issue possible, l’indépendance que l’OAS -Organisation de l’Armée Secrète- ne peut accepter. En ce début d’année, l’organisation d’extrême-droite jusqu’auboutiste adresse ses voeux à ceux qu’elle considère comme des traîtres, "les bradeurs de l’Algérie française" : "L’OAS frappe où elle veut et quand elle veut". Plasticages, attentats, incendies, ratonnades, enlèvements et hold-up se multiplient.

En métropole, le 3 janvier, un fonctionnaire, ex-membre du parti communiste algérien, est abattu à Alençon. Le 6, à Paris, le siège du parti communiste est mitraillé. Le 18 janvier, "nuit bleue" : 18 charges de plastic explosent en quatre heures. Le 21, un convoyeur de camion est tué, 47 personnes blessées par une explosion au quai d’Orsay. Le 24, nouvelle "nuit bleue" : 22 explosions au domicile de journalistes et de militants de gauche marquent l’anniversaire de la semaine des barricades. Le 7 février, un nouvel attentat vise le domicile de Malraux. Une petite fille de quatre ans, Delphine Renard, est très grièvement blessée et défigurée. Aussi, la manifestation prévue (mais interdite) à l’initiative du parti communiste, du PSU et des étudiants et lycéens du Front Universitaire Antifasciste contre les exactions de l’OAS et pour la paix va-t-elle rassembler, le lendemain 8 février, une foule immense. Plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestent aux cris de "OAS assassins !"

Quelques mois après l’épouvantable répression de la manifestation des Algériens, le 17 octobre 1961, la police, toujours sous les ordres du préfet Papon, récidive. Les manifestants se heurtent aux assauts de policiers déchaînés qui inaugurent ce jour-là les "bidules", longues matraques plombées. Vers 21 heures, boulevard Voltaire, un groupe qui cherche refuge s’engouffre dans la bouche de métro Charonne et se trouve pris au piège. La station est fermée. La police charge, frappe, projette sur les gens les grilles des arbres.

Bilan : 8 morts, étouffés ; 150 blessés.

Le 13 février, partant de la République, un cortège de 500 000 personnes accompagne les huit cercueils jusqu’au cimetière du Père Lachaise.

18 mars 1962 : signature des accords d’Evian

19 mars 1962 : cessez-le-feu

4 juillet 1962 à 12 heures : l’Algérie est indépendante.