À propos de l’« Appel National pour l’École Publique » lancé par l’Unsa

jeudi 22 avril 2010

Lever un malentendu

Suite à une erreur de notre part, la signature de la fédération SUD éducation s’est trouvée associée à la pétition intitulée « Appel National pour l’École Publique » lancée par l’Unsa. Nous avons demandé que notre signature soit retirée, et que la Fédération SUD éducation ne soit associée en aucune manière à cet appel.

Des revendications légitimes, mais des références idéologiques inacceptables

Nous partageons sans réserve les constats et les revendications portés par cette pétition :

« Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.

Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :
- les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et l’asphyxient en zone urbaine ;
- les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par l’État, auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales :
- la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire ;
- la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école ;
- le développement du privé par le plan banlieue, là où les besoins du service public sont les plus criants, là où la ségrégation sociale est la plus forte ;
- les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état de l’enseignement supérieur privé.

Nous (…) refusons l’affaiblissement organisé par l’État, de notre service public et laïque d’éducation.

L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit être respectée partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit cesser de financer les choix de quelques-uns.

Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École publique, laïque et gratuite. »

Si nous comprenons que des organisations et des personnes sincères choisissent de signer cette pétition, nous ne pouvons cependant pour notre part nous associer à une campagne dont, par exemple, la conclusion s’inscrit dans la défense de la Nation et de son école, inscription dans laquelle nous ne pouvons nous reconnaître. Nous n’avons d’ailleurs rien de commun avec certaines organisations signataires.

Une démarche de division inefficace

La démarche même du lancement de cet appel interdit par ailleurs de rassembler le plus largement et le plus efficacement. L’Unsa, avec quelques partenaires choisis, a en effet d’abord lancé cet appel avant de mettre ensuite les autres organisations (SUD compris, mais également la FSU, l’organisation majoritaire dans l’Education Nationale) face au choix de se rallier ou de ne pas signer ce texte, après qu’il a été publié donc, sans aucune possibilité d’en discuter le contenu ou les formulations.

Loin d’être une initiative de rassemblement, cet appel est donc aujourd’hui au contraire un facteur de division des organisations laïques, puisque elle crée actuellement des tensions et rend très difficile le travail commun sur le terrain. L’ambition annoncée par ses initiateurs, obtenir 100 000 ou 150 000 signatures d’ici juin, révèle d’ailleurs les limites de l’entreprise : une pétition de ce type ne peut avoir une réelle portée symbolique que si elle est signée de manière beaucoup plus massive.

L’Unsa a ainsi fait le choix d’une manœuvre privilégiant l’enjeu de l’hégémonie syndicale sur la question de la laïcité par rapport à la construction d’une initiative unitaire et efficace.

Pour la cohérence dans l’action

Par ailleurs, si nous sommes pour soutenir tous les cadres unitaires permettant de favoriser les résistances à la casse néolibérale et les avancées sociales et démocratiques, on peut s’interroger sur la démarche de l’Unsa, qui lance cet appel tout en accompagnant globalement la politique gouvernementale de destruction du service public d’éducation, en laissant les personnels qui résistent se faire sanctionner, en avalisant un grand nombre de contre-réformes et en refusant régulièrement de s’associer aux mobilisations des personnels qui la combattent. C’est pour nous d’abord par la construction d’un mouvement durable de la maternelle à l’université que nous pourrons combattre les politiques régressives du gouvernement.

SUD Éducation réaffirme son engagement indéfectible pour une éducation entièrement publique et complètement laïque. Sud Éducation et l’Union syndicale Solidaires estiment qu’il ne doit y avoir qu’une école pour tous les élèves, et donc que l’enseignement privé doit être nationalisé. Nous sommes prêt-e-s à nous inscrire dans toute initiative unitaire construite démocratiquement pour défendre le service public et laïque d’éducation.

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