A propos de l’enquête sur le collège unique...

jeudi 21 novembre 2002
mis à jour samedi 25 août 2007

Saint-Denis, le 19 novembre 2002

Ce n’est même plus de l’accompagnement, c’est une campagne promotionnelle !

L’enquête Eduscope, commandée par la FSU, étale ses résultats en parfaite synchronisation avec l’annonce des projets ministériels, projets qui ne se démarquent pas fondamentalement de ceux initiés précedemment par JL.Mélenchon quand il était en poste à l’enseignement professionnel : le collège unique est un échec, rétablissons les orientations précoces vers... le monde du travail.

Face à l’échec constaté pendant plusieurs décennies, la question formulée : "Le collège unique est un principe qu’il faut abandonner" ou bien "Le collège unique est un principe qu’il faut conserver" induit "raisonnablement" la majorité des réponses et fait l’impasse sur la réalité. Oui, le collège unique n’a été que proclamé, image mythique d’une pseudo démocratie de papier. Ce principe affiché n’a jamais fait l’objet des recherches d’ampleur et des moyens indispensables que sa mise en application aurait nécessités.

Le syndicalisme -qui dit se référer à un objectif de transformation sociale- se devait de formuler autrement la question : "Pensez-vous que les moyens de tous ordres -qualitatifs et quantitatifs- ont été donnés pour permettre la réalisation du principe du collège unique ?" Car ce principe traduit une conception de la société.

Les enseignants interrogés (3396), confrontés de plus en plus à des missions impossibles, ne font que traduire le fait que ce "principe" n’a pas les moyens d’exister dans la réalité qu’ils rencontrent au jour le jour.

Les élèves interrogés sont 1227, dont seulement 19% de collégiens, mais avec 45% de lycéens et 36% de post-bac, apportent une majorité à ceux "qui s’en sortent".

Quant au panel de parents (694 !), aux dires mêmes de la SOFRES, les cadres et les professions intermédiaires y sont plus représentés que les employés et les ouvriers.

Une enquête se caractérise par le libellé des questions et le panel jugé représentatif du public concerné.

Le ministère de l’Education Nationale vient de faire l’économie d’une enquête, les cotisations des adhérents des syndicats de la FSU y ont pourvu !

Non, sauf à admettre définitivement les fondements inégalitaires de la société libérale, le principe du collège unique ne doit pas être abandonné ! Oui, il faut revendiquer les moyens en recherche, formation, emplois, locaux... pour lui donner vie !

C’est là la raison d’être d’un syndicalisme de transformation sociale.

Pour SUD Education, plus que jamais : pour une autre société, pour une autre école, l’alternative est à construire.

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