ASH : Rentrée scolaire difficile pour les enfants handicapés

samedi 26 novembre 2011

Les conditions de scolarisation des élèves en situation de handicap sont extrêmement préoccupantes pour les familles et les équipes en place dans de nombreux départements à la rentrée 2011.

Ainsi en Indre et Loir, anticipant les effets de la loi de 2005 qui préconise la scolarisation en milieu ordinaire des enfants handicapés, les établissements spécialisés ont fermé un nombre important de places en interne, redéployant leurs moyens aux profits des services de soins ambulatoires (SESSAD).

La situation est la suivante :

Types d’établissements Troubles moteurs Troubles sensoriels Déficience intellectuelle Troubles psychiques
Nombre de projets 10 18 147 93
Type d’admissions 0 8 28 93

On comprend que les jeunes qui auraient dû bénéficier d’une structure spécialisée, n’y étant pas admis faute de places, restent donc dans les établissements scolaires (écoles et collèges) et ne libèrent pas les places en ULIS et, par ricochet, en CLIS. Cette situation est d’autant plus difficile pour les élèves qui souffrent de déficience intellectuelle, car ce sont eux qui restent par défaut dans les classe ordinaires, souvent stigmatisés, sans réelle possibilité d’évolution scolaire, puisqu’en trop dans des classes déjà surchargées. Nous avons aujourd’hui à gérer des classes de SEGPA à public d’ULIS, des classes d’ULIS/CLIS à public d’IME, des classes primaires à public de CLIS.

Pour enfoncer le clou, ces élèves sans structures sont aussi sans soins, car les services de soins n’ont pas non plus de places. En Indre et Loire, les affectations en SESSAD ont été réduites :

Types de SESSAD Troubles moteurs Troubles sensoriels Déficience intellectuelle ITEP
Nombre de projets 25 63 151 72
Type d’admissions 7 18 15 28

Nous ne parlerons pas ici de l’inflation des accompagnements AVS, conséquence logique du manque de structures.

Il y aurait bien une solution : si la Maison Départementale des Personnes Handicapées cessait d’orienter les jeunes en établissements et dispositifs spécialisés, il n’y aurait plus de problèmes de places. Si la MDPH ne préconisait pas d’accompagnements d’Auxiliaires de Vie Scolaire, l’Éducation Nationale n’aurait pas de problèmes de recrutement.

En somme, s’il y avait moins d’élèves handicapés…

Une place pour chacun, mais laquelle ?

En fait, d’un département à l’autre, les réalités de la gestion quotidienne sont changeantes, il reste que dans un contexte de fermetures de postes, le secteur Adaptation Scolaire Handicap devient, comme l’école maternelle, une variable d’ajustement pour permettre aux Inspecteurs d’Académie d’avoir une rentrée calme. Il suffit de mettre 13 élèves là où les textes disent 12… en CLIS par exemple et 12 en ULIS là où les textes demandent de ne pas dépasser 10 élèves…

Souvent isolés, les collègues du secteur ASH ont du mal à construire des mobilisations et le soutien des parents d’élèves est, souvent plus qu’ailleurs, difficile à mettre en place.

Si la loi sur le handicap a permis à davantage de jeunes handicapés de se retrouver en milieu ordinaire en structures spécialisées, cela s’est mis en place dans des conditions d’encadrement souvent honteuses et au mieux avec l’aide d’AVS — quand il y en a — qui sont autant de salarié-e-s précaires, à qui on demande une véritable compétence professionnelle.

À l’autre bout dans les établissements spécialisés c’est le brassage insensé de tous ceux qui n’ont pas de place dans les structures d’intégration qui s’organise comme faire se peut. En ce sens la loi sur le handicap constitue un mensonge à l’égard des familles, des élèves et des personnels.

Sud éducation Indre et Loir et Puy de Dôme


SESSAD : Service d’éducation Spéciale et de Soins à Domicile (crèche, école, domicile)

CLIS : Classe d’Inclusion Scolaire (premier degré)

ULIS : Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire (second degré)

SEGPA : Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (collège)

ITEP : Institut Thérapeutique éducatif et Pédagogique (pour jeunes 12-20 ans présentant des troubles du comportement.)

IME : Institut Médico Educatif (8-20 ans présentant un handicap mental)