Action précarité au lycée Rimbaud de Sin-le-noble (Nord)

 mars 2003
mis à jour vendredi 14 janvier 2005

Le lycée Rimbaud, 1400 élèves, situé dans le Douaisis (59), partage avec les autres établissements de la région un triste privilège : ici comme ailleurs, la précarité est une réalité tangible. Depuis plusieurs semaines, une action contre la précarité est engagée à l’initiative de SUD, de la CGT et des non-syndiqués. Une 1ère AG inter-catégorielle a permis de faire un état des lieux et de réfléchir à des actions à court et moyen terme. La FSU, conviée à l’intersyndicale, n’a pas jugé utile d’y participer. Pourtant, on peut lire en grand sur le panneau syndical du SNES : "En finir avec la précarité !".

Des chiffres éloquents

Au lycée Rimbaud, le recours à l’emploi précaire affecte tous les services, à des degrés variables :
- agents de labo : 2 CES pour 2 titulaires (50%)
- secrétariat : 3 CES pour 6 titulaires (33%)
- TOS (OEA+OP) : 13 CES pour 16 titulaires (44%)
- Aux cuisines : 3 titulaires pour 3 CES (50%)
- Aide-éducateurs : 4
- Personnels de surveillance : 5 (4 CES et 1 CEC) pour 5 titulaires (50%)
- Enseignants : 4 (3 contractuels et 1 MA) pour 107 titulaires + 8 stagiaires IUFM

Un constat s’impose : sans les personnels précaires, le lycée ne peut fonctionner. Le recours à la précarité est devenu un mode "normal" de gestion. Au terme de l’AG sont prises les décisions suivantes : alerter les fédérations de parents d’élèves, contacter les collègues du lycée voisin qui est l’établissement gestionnaire de tous les personnels précaires du bassin en vue d’une AG inter-établissements sur cette question, prendre contact avec les autres établissements du Douaisis pour préparer des actions communes. Avant de se séparer, rendez-vous est pris pour une nouvelle heure syndicale le 20 janvier.

Les parents puis les élèves "s’y mettent"

Les 2 fédérations de parents d’élèves (FCPE et PEEP) répondent à l’appel et découvrent avec effarement l’ampleur du recours à la précarité, d’autant plus scandaleux qu’il passe inaperçu puisqu’en apparence "tout fonctionne" ! Il est décidé de mettre à profit la grève du 28 janvier pour "donner un coup de projecteur" particulier sur cet aspect du lycée. Les parents se proposent de diffuser des tracts pour appeler leurs adhérents à l’AG du 28. Bref, ça commence à bouger... Quelques jours plus tard, les élèves élus au CA et au Comité de Vie Lycéenne, ayant appris qu’une action contre la précarité se mettait en place, prennent contact avec l’intersyndicale et invitent des représentants à venir parler de la précarité lors de la réunion de préparation du CVL. Nous y avons trouvé des élèves très sensibilisés à la question (ils discutent souvent avec les emploi-jeunes et les CES chargés de surveillance) et prêts à se mobiliser pour la journée du 28 janvier. L’AG de grève du 28 sera marquée par un temps fort : la prise de parole des différents intervenants et des personnels précaires en particulier. Parole d’autant plus précieuse qu’elle s’exprimait -ironie du calendrier- la semaine même où des CES en fin de contrat allaient être remplacés... par d’autres précaires. Toute l’assistance a compris que la précarité, ce n’est pas seulement des salaires de misère, l’absence de statut, la flexibilité, c’est aussi la soumission aux pressions de la hiérarchie (pressions qui peuvent être discrètes, tant est intériorisée cette soumission), à une certaine forme de paternalisme, le sentiment d’être considérés comme des personnels de 2nde zone...
Anecdote éclairante : sur le planning des surveillances du bac blanc, les aides-éducateurs et les CES sont désignés par leur prénom, alors que les professeurs, eux, ont droit à leur nom !

Et après ?

Cette action n’est pas terminée. Sa 1ère suite a été le vote, au dernier CA, d’une motion contre la précarité proposée par les personnels, les parents d’élèves et les élèves. Le SNES a demandé que soit supprimée la phrase réclamant "la titularisation des personnels précaires déjà employés". Les élus SUD s’y sont opposés, car on ne peut tout à la fois refuser la précarité et accepter que les précaires en fin de contrat soient condamnés au chômage. La motion a obtenu la majorité des voix, malgré l’abstention du SNES... Pour modeste qu’elle soit, il s’agit tout de même d’une victoire, car pour la 1ère fois la titularisation des précaires est clairement revendiquée dans une motion de conseil d’administration. Serait-ce le début de la fin d’un tabou ?

SUD Nord - Pas de Calais

Navigation

Agenda

<<

2019

>>

<<

Septembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456