Ainsi soit-il !

Sud Éducation dans l’enseignement privé
samedi 5 juin 2010

Deux événements inédits dans l’académie de Grenoble : une liste Sud Éducation aux élections professionnelles de l’enseignement privé sous contrat en 2010 et une victoire au tribunal d’instance confirmant la nomination d’un délégué syndical Sud Éducation dans un établissement privé sous contrat de Chambéry.

Pour la première fois, Sud Éducation présentait une liste, une première donc au niveau national (voir la profession de foi sur le site de Sud Éducation Grenoble) ! Et, contrairement au pronostic de certains, ce premier scrutin montre que les enseignants du privé sous contrat, quand ils ont le choix, choisissent aussi Sud Éducation [1]. Le résultat de la liste Sud est similaire aux résultats obtenus dans le public lors de ses premières listes. Avec un peu moins de 5% des voix, Sud Éducation prend toute sa place dans l’académie et entend bien développer son audience auprès des maîtres. Alors que les syndicats traditionnels de l’enseignement privé — SPELC, CFDT, CFTC - perdent des voix, notre liste leurs en prend : heureusement, certains électeurs préfèrent un syndicat réellement indépendant de l’institution privée, rassemblant tous les personnels de l’Éducation nationale et défendant la liberté de conscience et la laïcité. L’abandon par l’administration de la gestion des mutations au bénéfice de structures privées catholiques et leur mainmise, sur la formation des enseignants bientôt recrutés par des jurys « sur mesure » exigent une présence syndicale forte de Sud Éducation pour rappeler à l’administration ses obligations.

Bien que positif pour un premier scrutin, notre résultat ne nous permet pas encore d’avoir des élus en CCMA (commission consultative mixte académique - présidée par le Recteur). Néanmoins et conformément à notre profession de foi, nous allons nous attacher à faire respecter le droit public et interpeller régulièrement l’administration rectorale lorsqu’elle abandonne ses prérogatives à des structures de l’enseignement privé.

La mise en place d’un scrutin par correspondance a provoqué une forte baisse de la participation qui est passée de 73,5% en 2007 à 52,8% en 2010, chutant de 523 votes alors que pour la première fois les délégués auxiliaires (D.A.) votaient (plus 609 électeurs par rapport à 2007). Mais, remettre en cause seulement le mode de scrutin exempterait les responsabilités des chefs d’établissement de l’enseignement privé dont un grand nombre a préféré oublier les obligations rectorales prévoyant explicitement la distribution du matériel de vote contre l’émargement des maîtres et l’envoi postal en cas de non-remise du matériel de vote (avec preuve de réception). On a pu lire sur de nombreuses listes d’émargement envoyées par les établissements l’annotation « Malgré l’information, n’a pas retiré le matériel de vote », sibylline et récurrente comme si des directives avaient été données. Y a-t-il eu des sanctions de l’administration rectorale pour manquement au devoir, dans l’organisation des élections ? On en doute... Les chefs d’établissement du privé sous contrat jouissent-ils de droits particuliers pour se soustraire à leurs obligations administratives ? Il va sans dire que lors du prochain scrutin, si les listes électorales ne sont pas émargées et qu’aucune preuve de réception du matériel n’est fournie par les chefs d’établissement, nous demanderons l’annulation du scrutin.

Nous nous attacherons à défendre et faire défendre nos positions auprès de l’administration avec tous les moyens en notre possession. Notre score prouve la volonté des enseignants du privé sous contrat de faire respecter les règles de droit, en toute indépendance. Sud Éducation est le syndicat le plus à même de défendre les collègues de statut privé au sein de l’enseignement public ; nous sommes donc aussi capables de défendre les collègues de statut public (maîtres contractuels ou D.A. du privé sous contrat) travaillant dans des structures de type privé (association de gestion loi 1901). La revendication de retour dans le giron du public des emplois et établissements sous contrat n’est pas « un vœu pieux » : les maîtres du privé, très souvent précarisés, subissent les expérimentations des projets de réforme négociés pour l’éducation dans son ensemble et une pression constante de l’institution. En favorisant la concurrence entre tous les établissements du privé pour développer la peur (perte d’heures d’enseignement, perte de contrat avec l’État, pression de la hiérarchie…) l’institution renforce la docilité du personnel.

Et tous les moyens sont bons : à titre d’exemple, alors que le Tribunal d’Instance de Chambéry a confirmé la désignation du représentant de Sud Éducation — contestée par la direction de l’établissement — dans un établissement privé sous contrat de Savoie, nous venons juste d’apprendre qu’un recours en cassation a été déposé contre ce jugement par l’établissement. Il semble que l’arrivée de Sud Éducation dans le privé sous contrat dérange.

Affaire à suivre…

Sud Éducation
académie de Grenoble


[1Les résultats :
| Tot. Académie| Liste SUD| CGC| CFTC|CGT |CFDT| SPELC|
| 2007 | Pas de liste |66 |293 |183| 1215| 1133|
| 2010| 113| 52| 274| 178| 1010| 811|

Agenda

<<

2020

 

<<

Août

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456