Après le Non des urnes, le Non des luttes

Communiqué de la Fédération des syndicats SUD Education
dimanche 5 juin 2005
mis à jour mardi 28 février 2006

Le Traité Constitutionnel Européen a été analysé et condamné par la grande majorité des travailleurEs.

Des salariés du privé comme des services publics, des syndicalistes, des hommes, des femmes, des étudiants, des lycéens, des chômeurs, des salariés précaires, des retraités ont par millions refusé de graver dans le marbre constitutionnel les reculs sociaux imposés de longue date, comme seule réponse à leur luttes, par le libéralisme européen et accéléré au cours des dernières années par Raffarin, Chirac et le Medef.

Ce « NON » c’est le refus des millions de personnes qui oeuvrent pour que les solidarités entre les peuples à l’échelle européenne s’organisent sur d’autres valeurs que celles imposées par le capitalisme international.

Ce « NON » est un « NON » aux politiques anti-sociales que vivent des millions de salariés en Europe et ailleurs. La victoire du « NON » en France, place la question sociale au coeur de l’Europe. Comme syndicalistes européens nous travaillerons à la convergence des luttes de tous les salariés d’Europe pour la défense des droits sociaux liés au droit du travail ; pour la défense des droits syndicaux et du droit de grève ; pour la construction de services publics - non marchand - au niveau européen.

Ce « NON » est un « NON » à la politique des gouvernements Raffarin qui depuis 2002 inscrivent leur action dans une dynamique de casse sociale et n’ont d’autres méthodes pour faire cesser les luttes, que la répression. Et ce n’est pas l’annonce de la nomination du tandem De Villepin - Sarkosy qui peut nous laisser croire au moindre changement de cette politique.

Nous savons qu’un succès dans les urnes n’a jamais rien apporté aux travailleurs s’il n’est pas accompagné et suivi de luttes.

Et cette lutte, il faut la mener maintenant, tout de suite, car il y a des urgences.

Et cette lutte, il faut aussi l’organiser dès demain pour qu’elle puisse faire reculer le gouvernement et le patronat.

Pour nous syndicalistes de l’Education Nationale, ce « NON » est aussi un « NON » à la régression scolaire organisée par la loi Fillon, préparée par la loi de décentralisation de 2004, combattue par les lycéennes et les lycéens.

Mais l’enjeu ne relève pas seulement du syndicalisme des personnels. Il concerne l’avenir et la laïcité de l’Ecole Publique et l’ensemble de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. En ce sens l’école - parce qu’elle est l’enjeu de l’avenir - doit être un enjeu pour tous les syndicalistes, l’affaire de tous les salariés, de tous les citoyens.

La loi Fillon, qui est une pure commande des instances du libéralisme européen, doit être retirée.

Nous appelons tous ceux et toutes celles qui veulent continuer ce combat à se retrouver en Assemblée Générale pour débattre des actions à mener.

Nous appelons à manifester le 16 juin devant le Conseil Supérieur de l’Education où Fillon ou son successeur fera passer en force les décrets d’application de sa loi.

Nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes les poursuites contre les lycéens et les personnels de l’Education nationale impliqués dans les grèves contre la loi Fillon, ainsi que l’arrêt immédiat de toutes les poursuites engagées contre les militants CGT et Sud-PTT arrêtés par les forces spéciales de Villepin pour fait de grève.

Comme syndicalistes de l’Education, au moment où le gouvernement traque les élèves sans-papiers pour les expulser, nous revendiquons la régularisation immédiate et sans condition de tous les élèves Sans-Papiers et de leur famille ainsi que la régularisation de tous les mineurs isolés.

Mais nous savons aussi qui si nous nous battons chacun de notre côté, les thuriféraires du libéralisme, pouvoir et patronat, auront vite fait de remonter la pente.

Il faut retrouver le chemin de la lutte syndicale et favoriser la convergence des luttes. C’est sur nos lieux de travail que nous devons faire avancer cette conscience pour reconquérir les positions perdues depuis 2003 en matière de santé, de retraite, de code du travail, d’étranglement et de privatisation des services publics.

En tant que citoyens, nous continuerons de nous impliquer dans le mouvement né de cette campagne pour le NON.

Mais en tant que syndicalistes, en tant que travailleurs, salariés ou chômeurs, nous avons aussi pour tâche de créer les conditions d’une action revendicative forte, unitaire, inscrite dans la durée.

Saint Denis le 2 juin 2005

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