Burkina Faso

Le combat continue pour le SYNATEB
mardi 19 avril 2005
mis à jour dimanche 4 septembre 2005

En novembre 2003, Souleymane Sam, secrétaire général adjoint du Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base du Burkina Faso (SYNATEB), était venu à Lorient assister au Congrès de Sud éducation. Depuis, nos relations se sont maintenues. Nous nous faisons ici l’écho des récentes luttes menées par ce syndicat qui est sans conteste le plus combatif et le plus représentatif dans le secteur éducatif.

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Réforme et répression

Le syndicalisme voltaïque, puis burkinabé, constitue un contre-pouvoir fortement enraciné avec lequel tous les régimes, civils ou militaires, ont dû composer. Le SYNATEB qui se réclame du syndicalisme révolutionnaire de lutte de classes est né en 1995. S’il ne fait pas partie en tant que tel d’une confédération, il se situe dans une relation de proximité avec l’une d’elles, la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B).

Les luttes menées par le SYNATEB depuis une dizaine d’années se sont déroulées dans un contexte marqué par deux facteurs principaux :
- le développement des politiques d’ajustement structurel qui ont un volet éducatif spécifique.
- la répression menée par un régime autocratique à façade démocratique, soutenu par les intérêts néocoloniaux français.

En ce qui concerne le premier point, les mesures dictées par la Banque mondiale consistent à limiter l’éducation à la fourniture d’un service minimum -comme les classes à mi-temps dites à « double flux »- pour ne réserver les possibilités de formation secondaires et supérieures qu’aux rares familles solvables. Cette stratégie implique en particulier une déqualification et une diminution des rémunérations des enseignants du primaire.
En ce qui concerne la répression syndicale, il faut d’abord rappeler le contexte de l’affaire Norbert Zongo : l’assassinat de ce journaliste, le 13 décembre 1998, a entraîné une contestation généralisée du régime et de ses pratiques criminelles impunies. Depuis, celui-ci n’a eu de cesse que de mater la contestation menée par les syn-dicats et des partis politiques d’opposition. En 1999-2000, des milices à la solde du régime s’en sont violemment pris aux militants des droits de l’homme et aux syndicalistes dont les domiciles ont même parfois été incendiés. A cela, s’ajoute le contexte de la crise ivoirienne qui pèse sur le Burkina Faso étant donné l’importance de l’immigration en direction de ce pays voisin. Une situation que le régime cherche évidemment à utiliser pour susciter des réflexes d’unité nationale en sa faveur.

Les luttes portent leurs fruits

En ce qui concerne la répression syndicale le SYNATEB s’est opposé à un certain nombre d’affectations arbitraires de ses militants, voire de membres du bureau national. Ayant refusé ces mesures, les militants se sont retrouvés de longs mois sans salaire, devant compter sur la solidarité de leurs camarades. Ce n’est que depuis la dernière rentrée que la situation s’est normalisée avec le ministère, mais les salaires non versés ne seront jamais rattrapés.
Le SYNATEB s’est aussi opposé avec succès au recrutement d’instituteurs hors statut et sous-payés dont la Banque mondiale préconisait le recours généralisé. Un autre résultat intéressant a été le blocage de la réforme de l’administration publique qui prévoyait d’imposer la notation « au mérite » par le supérieur hiérarchique : les personnels de l’éducation de base ayant choisi de répondre massivement aux consignes de boycott, le gouvernement a dû faire marche arrière. Plus récemment, le syndicat a mené des actions de boycott des conférences pédagogiques car les frais de déplacement ne sont pas versés par les inspections.

Enfin, il semble que l’on assiste sur un plan plus général à un réveil des luttes syndicales au Burkina Faso après l’épisode des luttes menées autour du thème de l’« impunité ». C’est ainsi que la grève du 4 février, appelée par l’ensemble des confédérations autour des revendications globales d’augmentation des salaires et du contrôle des prix de première nécessité, a été largement suivie.

Commission fédérale
Relations Internationales


Le camarade Sam agressé par un militaire

Le 8 décembre dernier, Souleymane Sam, secrétaire général adjoint du SYNATEB, a été agressé aux abords de son école par un individu qui s’est présenté comme un adjudant-chef de gendarmerie. Ce dernier l’a frappé et l’a menacé avec un pistolet. Il est d’ailleurs revenu le lendemain dans son école mais ne l’a pas trouvé. Notre camarade a décidé de porter plainte avec le soutien de son organisation syndicale. Un tel fait n’est malheureusement pas isolé dans ce pays où certains membres des forces de l’ordre se croient tout permis. La lutte syndicale c’est aussi cela au Burkina Faso.

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