CPE en grève suspendu de ses fonctions

 mars 2003
mis à jour vendredi 14 janvier 2005

Roland Veuillet, Conseiller Principal d’Education titulaire au lycée Dhuoda de Nîmes et militant de Sud Education, en grève depuis le 16 janvier dans le cadre de la mobilisation des MI-SE et AE, a été suspendu de ses fonctions par le recteur de l’académie de Montpellier le 3 février. Les attendus de l’arrêté de suspension se réfèrent à un rapport du 31 janvier du proviseur du lycée faisant état du "comportement de Roland Veuillet portant gravement atteinte au fonctionnement de l’établissement ainsi qu’à la sécurité des personnes". Dès le lendemain, un CPE contractuel était nommé pour le remplacer, alors que l’année précédente, un congé maladie de 6 mois d’un de ses collègues n’a été remplacé qu’au bout du 4ème mois !

Suspension de fonction suppose faute grave. Notre camarade demande immédiatement quelle faute lui est reprochée pour que lui soit interdit jusqu’à l’accès à son lieu de travail. A tous les étages de la hiérarchie, on refuse de lui répondre. A la demande d’audience de l’intersyndicale SUD, FO, CGT, le recteur oppose une fin de non-recevoir. Il faudra attendre que la procédure disciplinaire soit engagée pour que notre camarade puisse prendre connaissance de son dossier. Ce sera chose faite le 12 mars, soit 6 semaines après la mesure de suspension. Pourtant, dès le 3 février, le proviseur du lycée et l’IPR Vie Scolaire ont convoqué les CPE, collègues de Roland (non grévistes) ainsi que les MI-SE et AE, afin de leur révéler les motifs de la mesure : d’après un témoignage, ils sont tous liés à la grève.

La direction de l’établissement a utilisé les collègues CPE ainsi que les parents d’élèves pour dénoncer la grève et le rôle de Roland dans ce mouvement. On le constate plus précisément lorsqu’on reprend le déroulement de la journée du 30 janvier, date à partir de laquelle la situation bascule. Ce jour là, le proviseur intervient en salle des professeurs et appelle les enseignants à réagir contre Roland par une pétition. Plus tard, en ouverture du Conseil d’Administration, le CPE membre de droit lit une déclaration dénonçant publiquement et nommément Roland pour ses "agissements" au cours de la grève. Le-dit CPE était en tête (catégorie hors classe) sur la liste CPE présentée par le SNES, lors des élections professionnelles de décembre 2002, dans l’académie de Montpellier (parmi les signataires de cette bafouille, signalons également celle d’une ancienne responsable nationale IATOSS CGT, devenue CPE depuis septembre 2002). Au cours du CA, le proviseur provoque une suspension de séance et se rend à la Vie Scolaire. Il compte imposer aux Maîtres au Pair de suppléer aux surveillants grévistes. Roland, présent, demande un ordre écrit, refusé par le Proviseur qui s’en prend alors à lui, l’attaquant sur les plans professionnel, syndical et personnel. Le ton monte. Le proviseur regagne le CA et demande aux élèves et aux parents élus de venir en Vie Scolaire, avec ce commentaire : "ça va en venir aux mains". Effectivement l’un des parent attrape Roland par le bras, le bouscule, et c’est l’intervention de l’intendant qui permet de calmer la situation.

Répression syndicale

Pour Roland et Sud-Education Gard, il ne fait pas de doute que cette suspension est une mesure de répression syndicale. En effet, c’est au lycée Dhuoda, où exerce Roland, qu’est né le Collectif des MI/SE-AE du Gard. Le proviseur n’a de cesse, depuis le début du mouvement, de casser la grève et multiplie, dans ce but, les interventions : pressions et intimidations constantes sur les grévistes, provocations verbales et physiques en vue de créer des incidents, réquisition des maîtres au pair pour remplacer les grévistes, harangues publiques des professeurs, des parents et des élèves pour les monter contre la grève... Interrogé par un journaliste, l’Inspecteur d’académie du Gard nie le caractère anti-syndical de la suspension et parle de "coïncidence de calendrier" pour expliquer qu’elle intervienne 20 jours après le début de la grève. La mesure de suspension a produit son effet. D’intimidation d’abord : en frappant avec cette violence sur un personnel titulaire, la hiérarchie a bien fait entendre aux grévistes que le "droit de grève" ne mettait pas à l’abri de mesures de rétorsion. De division aussi : en sanctionnant ainsi un syndicaliste engagé dans la lutte, la hiérarchie se permet de rappeler quelles formes doit prendre l’action collective pour être tolérée. Et elle joue sur du velours quand les organisations syndicales majoritaires n’ont pas cessé d’intervenir auprès du collectif MI/SE AE du Gard pour les dissuader de prendre ainsi en charge leur propre combat.
Cette sanction constitue une attaque sans précédent contre le mouvement syndical et les luttes sociales. Elle s’inscrit dans le cadre de la politique répressive qui conduit progressivement à la criminalisation de l’action collective. Elle peut avoir des conséquences fâcheuses pour notre collègue (radiation de l’Education nationale). Son caractère exemplaire servira de précédent pour punir ceux qui, à l’avenir, relèveraient la tête. A la violence de cette provocation , il faut opposer une mobilisation unitaire de tous les personnels pour le respect des droits fondamentaux. Exigeons la réintégration de Roland !

SUD-Education Gard

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