Communiqué des défenseurs d’Erwan Redon, en réaction au communiqué du SNUIPP 13 du 18 septembre 2009

jeudi 24 septembre 2009
mis à jour lundi 26 octobre 2009

Capd disciplinaire d’Erwan Redon (17 et 18 septembre 2009)

Une mascarade totale !

Les défenseurs d’Erwan Redon se réjouissent du fait que « le SNUIPP soutiendra, chaque fois que cela sera nécessaire, les collègues menacés de sanctions ». Ils partagent également l’affirmation du SNUIPP 13 : « Défendre individuellement chaque collègue, c’est défendre toute la profession ! »

Sensibles à cette conclusion du SNUIPP 13, les défenseurs d’Erwan Redon s’interrogent malgré tout sur le sens de son communiqué.

Le titre : « CAPD disciplinaire : Erwan Redon n’est pas licencié ! » et l’affirmation « si [la sanction] traduit une volonté d’apaisement de l’IA » nous interpellent.

Même si le SNUIPP 13 reconnaît que « cette sanction illustre néanmoins l’autoritarisme que subit notre profession », faudrait-il se réjouir de l’issue de cette CAPD disciplinaire parce qu’une sanction plus lourde aurait été évitée ?

Erwan Redon a été convoqué pour « non respect des obligations professionnelles se manifestant par un accomplissement insatisfaisant des fonctions confiées et une négligence des instructions données ».

Lui-même et ses défenseurs attendent toujours, au delà des ressentis, des impressions subjectives, des préjugés notoires de l’administration, que celle-ci expose des fautes professionnelles identifiées de nature à justifier légalement une sanction.

En l’absence de faute professionnelle caractérisée, toute sanction, même légère (et un déplacement d’office ne peut être une sanction minime), est non seulement illégale mais aussi humainement injuste.

Les témoins de la défense (un Inspecteur de l’Éducation Nationale honoraire qui a vu fonctionner récemment la classe, des parents d’élèves, des enseignants, un psychologue) ont complètement contredit les déclarations de deux des quatre témoins cités par l’administration, à savoir deux Inspecteurs de l’Éducation Nationale qui accablent Erwan Redon sans jamais avoir évalué les acquisitions de ses élèves.

La défense aurait pu démontrer de manière implacable que les accusations de l’administration étaient totalement infondées. Elle avait commencé à le faire, à 2h 30 du matin, mais a choisi de quitter la salle à 3h 15, pour les raisons suivantes :

Le SNUIPP 13 évoque « une CAPD marathon qui a siégé jeudi 17 pendant plus de 13h ».

Il se garde bien de préciser que si la CAPD disciplinaire a effectivement débuté le jeudi 17 septembre 2009 à 15h, elle s’est terminée vers 4h du matin, c’est-à-dire le lendemain, vendredi 18 septembre !

Il se garde bien de critiquer le fait que le président de la CAPD disciplinaire a sciemment choisi de démarrer la séance à 15h afin de porter atteinte aux droits de la défense. Les autres CAPD disciplinaires auxquelles des « désobéisseurs » ont déjà été convoqués, dans différentes académies, ont toutes duré plus de 8 heures. La défense avait prévenu le 7 juillet 2009, lors de la CAPD disciplinaire qui a été annulée pour vice de forme, qu’elle assumerait en temps voulu toutes ses responsabilités pour développer les arguments de fond justifiant l’abandon de toute poursuite envers Erwan Redon.

Le SNUIPP 13 se garde bien de préciser que la défense a donc plaidé le fond de l’affaire à partir de 2h 30 du matin le 18 septembre, et non le 17, dans des conditions nécessairement inacceptables. Si la défense avait développé la totalité de ses arguments de fond, les commissaires paritaires auraient sans doute délibéré vers 8 heures du matin.

Les défenseurs ont fait acter à 3h15 que l’ensemble des participants au conseil de discipline donnait alors des signes de grande fatigue et que plusieurs d’entre eux s’endormaient, ce qui rendait impossible le débat contradictoire.

Un des représentants du personnel du SNUIPP 13, par ailleurs secrétaire départemental de ce syndicat, s’est senti visé par ce constat et a alors accusé la défense, au lieu de s’en prendre au président de la CAPD, seul responsable de cette situation inédite et déplorable !

Cette regrettable intervention n’a fait que conforter les défenseurs et Erwan Redon dans leur intention de quitter la salle, ce qui fut fait à 3h30.

Les défenseurs d’Erwan Redon s’interrogent :
- Pourquoi, dans son communiqué du 18 septembre 2009, le SNUIPP 13 se garde bien également d’évoquer, ne serait-ce que brièvement, les énormes vices de forme de la procédure lesquels, cette fois encore, ont été dénoncés par la défense ?
- Pourquoi le SNUIPP 13 se garde-t-il bien d’évoquer le climat insupportable qui a lourdement pesé sur cette CAPD, climat engendré par le mépris manifeste du président vis à vis de la défense ?

Erwan Redon exercera l’ensemble des voies de recours contre cette sanction illégale tant sur la forme que sur le fond.

Les défenseurs d’Erwan Redon ont travaillé de manière collective, ouverte et acharnée pour la défense de ses droits, et à travers son cas, contre l’arbitraire et l’autoritarisme de l’administration.

Ils se félicitent de l’intégrité d’Erwan Redon qui n’a rien à se reprocher et n’a pas à faire l’objet de « négociations ».

Ils s’interrogent sur la légitimé du SNUIPP 13 a solliciter de l’Inspecteur d’Académie « [qu’ Erwan Redon] soit affecté dans une école lui permettant de mettre pleinement en œuvre les pédagogies dont il se réclame (Freinet) ».

Toutes les écoles sans exception doivent permettre la mise en œuvre de pédagogies qui respectent les programmes et font progresser les élèves. En outre, Erwan Redon ne se réclame pas d’une pédagogie particulière et le SNUIPP 13 n’a pas à faire état des choix pédagogiques d’un collègue
quel qu’il soit dans un communiqué, au surplus public.

Les défenseurs d’Erwan Redon se félicitent de l’unité syndicale lors de l’appel au rassemblement du 17 septembre 2009 devant l’Inspection Académique mais regrettent vivement que deux délégués du personnel se soient abstenus lors du vote de la CAPD.

Les défenseurs d’Erwan Redon estiment enfin qu’un avis défavorable pour le prononcé d’une sanction ne doit pas pour autant empêcher les représentants du personnel siégeant en conseil de discipline de dénoncer le caractère de mascarade de cette CAPD disciplinaire et l’injustice criante de la sanction prévisible.

Les défenseurs d’Erwan Redon.

Le 23 septembre 2009

Ci-joint le communiqué du SNUIPP 13, du 18 septembre 2009

CAPD disciplinaire : Erwan Redon n’est pas licencié !

À l’issue d’une CAPD marathon qui a siégé jeudi 17 pendant plus de 13h, l’IA a pris la décision de déplacer d’office notre collègue. Cette sanction a été prononcée par l’Inspecteur d’Académie après un vote où les 10 voix de l’administration ont été majoritaires. Les 7 délégués du personnel du SNUipp ont bien évidemment voté contre cette sanction. Le vote étant finalement le suivant : 10 pour le déplacement, 8 contre et deux abstentions…

Si elle est loin du licenciement ou de la révocation dont les menaces pesaient sur Erwan Redon, si elle traduit une volonté d’apaisement de l’IA, cette sanction illustre néanmoins l’autoritarisme que subit notre profession.

Suite à cette décision, le SNUipp a demandé à l’IA, reconnaissant lui-même des qualités à notre collègue, que celui-ci soit affecté dans une école lui permettant de mettre pleinement en œuvre les pédagogies dont il se réclame (Freinet).

L’IA n’est pas fermé à cette demande. Il en étudie la possibilité (poste vacant) et se prononcera très vite.

Le SNUipp soutiendra, chaque fois que cela sera nécessaire les collègues menacés de sanctions. Défendre individuellement chaque collègue, c’est défendre toute la profession !

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