Complices d’une sublime perversion ?

Évaluations dans le 1er degré
vendredi 26 mars 2010

Les réformes Darcos ont été massivement rejetées par l’ensemble de la profession. Et pourtant, pour que l’omniprésident ait un semblant de bonne mine en 2012, il faudra bien que le gouvernement actuel affiche un bilan « positif ».

Et si la profession se chargeait elle-même d’apporter sa contribution en « plébiscitant » les réformes honnies ? Comment ? Au moyen des évaluations CE1 et surtout CM2.

Le gouvernement a momentanément mis sous le boisseau sa volonté de mettre les écoles en concurrence et son corollaire à savoir, repérer les « méritants » et les « récompenser » en fonction des évaluations. Il n’est d’ailleurs plus question de publier les résultats par écoles.

Mais, il faut qu’elles aient lieu, quitte à mettre de côté tout ce qui peut fâcher et faire tomber à plat auprès de l’opinion publique les arguments énoncés par les syndicats contre les évaluations.

Au bout de deux ou trois ans, avec un peu de pression par-ci de la part des IEN, « montrez-moi que vous êtes capables d’obtenir de meilleurs résultats et je vous dirai quelle note vous méritez », d’encouragements par-là, « ces évaluations ne sont pas si traumatisantes que ça, n’exagérons rien », « allez, un p’tit effort et vous verrez qu’elles peuvent servir de support à du soutien efficace », les résultats vont très naturellement croître. C’est pas que les élèves seront « meilleurs ». Non. Avec un peu plus de temps que prévu laissé lors du passage, quelques petites aides glissées négligemment, voire, pour les plus hardis d’entre nous, un peu de bachotage ou du moins un peu plus de « concentration » sur les domaines attendus, tout cela s’améliorera. Ben oui, c’est nous-mêmes qui les faisons passer, ces évaluations.

Cris d’indignation du ministre : « Quoi ! Mais c’est considérer que les enseignants sont des tricheurs en puissance ! Ignoble ! Z’avez pas honte ? »

Difficile donc pour un syndicat, de l’exprimer en ces termes...

Alors, en 2012, verrons-nous un candidat au renouvellement de son mandat, entre deux mouvements d’épaules, tout sourire narquois, prétendre : « Eh ben, vous voyez qu’on a eu raison d’engager des réformes à l’école. Personne n’en voulait. Et pourtant les résultats sont là. Le nombre d’élèves qui échouent en CM2 diminue. Les évaluations que nous avons mises en place le montrent. In-con-tes-ta-ble-ment. » ?

Il dépend de nous qu’il n’en soit pas ainsi !

Sud éducation Mayenne

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