Construction d’un lien durable entre syndicats d’Afrique et des pays du Nord.

 mai 2002
mis à jour samedi 29 janvier 2005

Les 14, 15 et 16 janvier s’est tenue à Dakar une réunion syndicale internationale rassemblant les structures suivantes :

- Union Solidaires, Sud PTT, Sud Energie et Sud Education pour la France
- Transnationals Information Exchange (ONG mettant en réseau les "activistes" de multinationales afin de partager informations/actions)
- Des syndicats appartenant aux confédérations syndicales sénégalaises suivantes : CNTS - UNSA - CSA - UDTS
- Des syndicats de Mauritanie, Côte d’Ivoire, Nigéria, Afrique du Sud, Burkina Faso
- Black Workers for Justice (organisation américaine)
- Forum des femmes immigrées en France

Chaque structure a présenté la situation politique, économique et sociale de son pays, phase d’une grande richesse. Une demi-journée a été consacrée à la place des femmes et deux demi-journées ont réuni les participant/es par secteur d’activité afin de travailler sur des constats et des revendications communs.

Mondialisation capitaliste et recolonisation :

Les présentations ont permis de constater que les entreprises françaises se jettent sur le "marché" africain et sont à l’origine d’une nouvelle colonisation de ce continent.

- 35% de l’actionnariat de la société des textiles du Burkina appartient à la Compagnie française des textiles
- la SNCF International a été choisie comme conseiller technique dans le processus de privatisation des chemins de fer au Sénégal
- 34% d’actions de la société Onatel (téléphones du Burkina) sont réservés à une filiale marocaine de Vivendi et à France Télécom. Et la liste est longue !

Sous la pression de la Banque Mondiale et du FMI, les états réduisent leurs dépenses publiques, les services publics sont privatisés et les populations sont les premières à en subir les conséquences : licenciements massifs (1/5 des emplois du secteur public en Afrique du Sud par ex.) non accès aux services de transport, d’électricité, de téléphone (les mobiles sont privilégiés, plus rentables et ne nécessitant pas d’installations). Des manifestations communes ont par exemple été organisées par SUD PTT et des travailleurs sénégalais partageant le même patron ! Il est temps de lutter ensemble : annulation de la dette, circulation de l’information, soutiens, manifestations. D’autant que la résistance est difficile en Afrique : mutations d’office, emprisonnements, menaces de mort...
En un mot : SOLIDAIRES !

Education : "Déclaration de Dakar"

Les syndicats d’enseignants du Sénégal (de la CNTS, de l’UNSAS, de la CSA et de l’UDTS) de France (Sud Education) ainsi que les représentants du Nigerian Labour Congress, de Black Workers for Justice (USA) et un délégué d’Afrique du Sud réunis à Dakar du 14 au 16 janvier constatent les effets néfastes de la mondialisation libérale dans leurs systèmes éducatifs respectifs. Dans ce contexte, les pays du Sud sont encore plus dramatiquement touchés. C’est pourquoi ces syndicats s’engagent à militer pour une annulation de la dette.

Selon les réalités de chaque pays, ils dénoncent :

- Une réduction des dépenses publiques sous la pression des Institutions Financières Internationales.
- Une détérioration de la qualité du service public d’éducation (classes surchargées classes à double flux : ex. 80 élèves le matin, 80 autres l’après-midi - locaux et matériels inadéquats...)
- Un recrutement de précaires (voir ci-après) en grande augmentation entraînant une dévalorisation de la profession
- Un désengagement de l’Etat face à ses responsabilités soit par un transfert de compétences au niveau des collectivités territoriales soit par un recours à des financements privés
- Une transformation de l’école sur le modèle de l’entreprise (multiplication des projets/des évaluations conditionnant les financements)
- Une privatisation de services comme la cantine, le nettoyage...
- Une transformation des objectifs de l’Ecole où les notions de savoir disparaissent au profit de la notion de compétences à acquérir
- Un accroissement des inégalités d’accès et des écarts entre écoles de base et formations de haut niveau.

Les syndicats présents :

- déclarent que l’éducation n’est pas une marchandise, que c’est un droit fondamental inaliénable et qu’à ce titre il ne saurait être question de la soumettre aux lois du marché
- s’engagent à mettre leurs réseaux en commun pour informer et créer les mobilisations nécessaires à la définition d’un service public d’éducation et à la défense des personnels
- constatant qu’ils ne veulent ni d’un statu quo ni d’une transformation libérale de l’école, ils s’engagent à poursuivre une réflexion commune afin d’œuvrer à la démocratisation des services publics d’éducation.

SUD Clermont-Ferrand


Cocktail de précaires au Sénégal

Le Plan de l’Education et de la formation permet de recruter comme volontaires des enseignants formés pendant quelques mois. Volontaires sans salaire, sans droit de syndicalisation : ils peuvent se retrouver en amicales ! Au bout de 4 ans, ces volontaires pourront devenir contractuels, et au bout de 3 années supplémentaires leur titularisation sera envisageable !

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