Cris de Sans - Papiers dans le silence socialiste

 mars 2001
mis à jour dimanche 3 avril 2005

Opportunistes, les Sans-Papiers -avec l’aide des soutiens- ont décidé de profiter de la campagne électorale pour se rappeler au bon souvenir du pouvoir socialiste :

- le 4 février : retour à St Bernard. Expulsion policière musclée (deux blessés) et deux Sans-Papiers expulsés vers le Maroc ;

- le 23 février : occupation non-violente de la permanence électorale du candidat Delanoë pour obtenir son intervention auprès du ministre de l’Intérieur -Vaillant, également candidat dans le 18ème- afin que celui-ci accepte enfin de recevoir une délégation de la coordination nationale des Sans Papiers. Intervention des CRS à la demande des socialistes. Expulsion brutale, interpellation et vérification d’identité d’une quarantaine de militants. Nous n’avons pas rencontré le candidat Delanoë qui, en 1995, visitait les mal-logés -dont certains, sans-papiers- du squat réquisitionné de la rue du Dragon et, en 1996, avait apporté son soutien aux Sans- Papiers de St Bernard ;

- le 3 mars : manifestation vers Matignon. Barrage policier et refus de recevoir une délégation ;

- le 14 mars : occupation du parvis du Panthéon puisque "les républicains d’aujourd’hui ne nous entendent pas, faisons appel aux républicains d’hier" (Schoelcher, Hugo, Jaurès...) Des uniformes, toujours.

- et, le 17 mars 2001, cinq ans après la première occupation du 18 mars 1996, nous nous rassemblerons devant l’église St Ambroise, tous ensemble, Sans-Papiers et soutiens, pour rappeler, dénoncer, encore et toujours, l’absurdité, la violence, l’indignité de la situation faite aux Sans-Papiers.

Nous rappellerons, nous dénoncerons

- l’angoisse quotidienne, constante, de la vie clandestine ;

- le travail au noir (qui, avec le chômage, est un moyen de pression sur les autres travailleurs pour qu’ils acceptent des conditions de travail toujours plus précaires, et qui crée la concurrence entre chômeurs, Sans-Papiers et salariés pour liquider les acquis du mouvement ouvrier) ;

- l’empêchement de circuler librement ;

- les centres de rétention, cette "indignité de la république" comme le dit justement le socialiste Mermaz ;

- la double-peine et les expulsions...

Quand les réfugiés kurdes débarquèrent récemment sur les côtes varoises, les premières réactions des responsables socialistes furent la répulsion et le refus d’asile. Mais l’émotion suscitée dans l’opinion par la couverture médiatique et la mobilisation immédiate des associations et de nombreux avocats ont rapidement renversé la situation : humanisme et accueil. France, terre d’asile. Quand l’opinion s’émeut et que cela peut peser sur les bulletins de vote...

Solidarité avec les Sans-Papiers

Quant aux dizaines de milliers de Sans-Papiers sans visage qui, dans toute la France, demandent la régularisation depuis plusieurs années, ils ne suscitent plus depuis longtemps du pouvoir socialiste que rejet et mépris. Depuis la loi Chevènement de 98 qui les a fichés, privés de papiers et fait d’eux des clandestins, le gouvernement nie la situation qui leur est faite et ne leur oppose que sa répression. Pas un mot durant cette campagne électorale de ce pouvoir arrogant. Le silence et "police partout, justice nulle part !".

Pourtant, les Sans-Papiers, sortis de l’ombre, "du trou noir" écrit Madjiguène Cissé, pour la dignité et le respect de leurs droits fondamentaux, continuent la lutte. Solidaires, nous restons à leurs côtés pour exiger la régularisation de tous, fussent-ils du Kurdistan.

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