Déclaration de SUD éducation au CSE du 8 octobre

Déclaration de SUD éducation au CSE
mardi 8 octobre 2019

Ce CSE est l’occasion pour SUD éducation de rappeler en premier lieu que la réforme des retraites annoncée par le Gouvernement aura des conséquences évidentes sur les personnels de l’Éducation nationale. Les premières simulations sur la base du rapport Delevoye qui constitue le cœur du projet de réforme des pensions montrent sans ambiguïté une perte de revenu de plus de 600 euros bruts mensuels en moyenne pour une carrière sans heurt ni interruption. Dans ce contexte d’annonce d’une réforme anti-sociale, les récentes déclarations du Président de la République à Rodez qui ne trouve rien de mieux que d’insister sur les prétendus “privilèges” des fonctionnaires en général et des enseignant-e-s en particulier revêt un caractère scandaleux. En toile de fond, l’objectif est d’augmenter encore le temps de travail des personnels. Une telle surenchère démagogique est au service d’un projet idéologique de démantèlement du service public d’éducation, qui trouve certaines de ses déclinaisons dans les textes qui nous sont soumis aujourd’hui.

Ce CSE se déroule en effet dans un contexte particulier. Les personnels sont en effet endeuillés par plusieurs suicides. Le même jour, Christine Renon, directrice d’école à Pantin, et Frédéric Boulé, professeur de sciences et vie de la Terre à Valbonne, ont mis fin à leurs jours en raison de leurs conditions de travail. Le 9 septembre dernier, Laurent Gatier, professeur de service et commercialisation du lycée professionnel de Chamalières (Puy-de-Dôme) a mis fin à ses jours. Lui aussi a laissé une lettre dans laquelle il mettait clairement en cause les pressions que lui infligeait sa hiérarchie et l’organisation du travail. Les suicides sont nombreux. Ils sont trop nombreux. Pourtant le ministère refuse de publier les chiffres. La dernière édition du bilan social ne fait pas une mention du terme « suicide ».
Les personnels de l’éducation sont épuisés. Les politiques menées ont conduit à isoler chaque personnel sur son poste de travail, à le culpabiliser, à lui faire perdre le sens qu’il trouve au travail, à réduire ses marges de manœuvre, à le charger de tâches qui ne sont pas son cœur de métier, à l’exposer à des relations hiérarchiques pressantes et pathogènes, à atomiser les espaces collectifs, à l’isoler de ses collègues, à l’obliger à rendre des arbitrages quotidiens et surtout à le rendre seul responsable des dysfonctionnements du système.

En dernière analyse, le ministre de l’Éducation nationale est responsable, suivant les dispositions des textes réglementaires en vigueur, de la santé et de la sécurité au travail des personnels. Les réformes de système éducatif imposées aux personnels avec autoritarisme, dans un contexte de suppressions de postes, pèsent lourdement sur leurs conditions de travail.

SUD éducation revendique l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique promulguée cet été qui programme la disparition des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’une part, et ouvre la voie à une gestion des personnels inspirée du new management dans ce qu’il a de plus brutal d’autre part.
C’est dans ce contexte que le projet de décret relatif à l’organisation des services déconcentrée dans l’Éducation nationale est soumis à notre examen. Il confirme un nouvel empilement administratif, avec des régions pluri-académiques qui produiront une gestion des personnels encore plus anonyme et massifiée. SUD éducation dénonce cette orientation managériale. Le projet de décret relatif aux recherches et expérimentations dans les écoles et les établissements entre en cohérence avec ce premier texte. Il consacre en effet l’organisation d’expérimentations qui n’ont rien de pédagogique, et donc de dérogations au cadre général et commun de l’enseignement scolaire, sous l’égide des recteurs. C’est un nouveau coup porté à un service public national d’enseignement, d’autant plus que les personnels sont privés de la faculté de proposer une expérimentation. Pourtant, ce sont bien les personnels du terrain qui sont les experts et les expertes de leur travail.

Cette séance du CSE est consacrée à l’étude de textes relatifs à l’enseignement professionnel. Vous ne pouvez ignorer que la réforme du lycée professionnel porte en elle une organisation pathogène du travail des enseignant-e-s de lycée professionnel. Le “chef d’œuvre” imposé par la réforme est qualifié par le CHSCT ministériel de typique d’un conflit de valeurs entre les principes d’une éducation offerte à toutes et tous défendue par les personnels, et une production issue de la tradition élitiste du compagnonnage. Ce texte, comme plusieurs qui sont soumis à notre examen aujourd’hui, organisent le travail d’une façon intenable pour les personnels autant qu’ils dégradent la qualité du service public.

SUD éducation dénonce cette orientation libérale et réactionnaire. Pour SUD éducation, il est impératif d’adopter une autre politique éducative, de donner des moyens à l’école pour baisser le nombre d’élèves par classe, de recruter des personnels à hauteur des besoins et donner une vraie place aux acteurs et aux actrices de la communauté éducative dans la définition du système éducatif. SUD éducation appelle à et soutient toutes les mobilisations des personnels qui iront en ce sens.

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