Déclaration de Solidaires et SUD Education au CSEN du 4 novemebre 2011

jeudi 10 novembre 2011
mis à jour lundi 14 novembre 2011

Intervention Solidaires – Sud Education CSE du 4 novembre 2011

Des élections professionnelles scandaleuses !

A l’issue des élections professionnelles qui se sont tenues dans l’Éducation Nationale du 13 au 20 octobre,
SUD Education a conservé sa représentativité en obtenant un siège en CTM et enregistre une légère
progression. Celle-ci est bien plus nette dans de nombreuses académies.

C’est une bonne nouvelle pour les personnels et une mauvaise pour le ministère qui espérait sans doute
priver de moyens syndicaux des organisations très actives dans les mobilisations.
Pour autant nous continuons à dénoncer vivement le vote électronique et les modalités de son
organisation.

La forme du scrutin a découragé nombre d’électeurs, la participation a enregistré une forte diminution,
passant de 60% en 2008 à moins de 40% cette année : la volonté d’affaiblir la représentation syndicale est
patente.

Le déroulement de ces élections a en outre connu des irrégularités :
Le vote électronique, confié pour plusieurs millions d’euros à un prestataire privé s’est effectué dans la
plus grande opacité, sans que les organisations syndicales aient pu vérifier la régularité du dépouillement.

Un grand nombre d’électrices ou d’électeurs n’ont pas pu voter (mots de passe non transmis, défaut
d’inscription sur les listes électorales…). Partout ce sont les collègues en situation de précarité et les ATEE
qui ont le plus été exclus du scrutin.

C’est pour cette raison que nos délégué-e-s de liste ont refusé, lors du dépouillement, de déverrouiller les
urnes. SUD Education a déposé un recours administratif en contestation des résultats auprès du ministre
et nous soutenons les collègues qui, ayant été privé-e-s de leur droit d’élire leurs représentants, déposent
des recours.

Nous nous réservons la possibilité d’une action en justice.

Dans l’immédiat, nous demandons la garantie du maintien des droits syndicaux pour toutes les
organisations syndicales, y compris celles qui n’ont pas présenté de listes aux élections professionnelles.

A l’image de la dégradation du climat social dans l’Education

Le climat social dans l’éducation témoigne de l’impasse dans lequel le gouvernement a conduit le service
public d’éducation.

Le taux de scolarisation des 15-19 ans a baissé en France de 5% quand il a au contraire augmenté de près
de 10% dans les autres pays développés.

Cela résulte d’une politique de discrimination sociale, par l’abandon de la carte scolaire qui ghettoïse des
établissements populaires et conduit certains à la fermeture, par la mise à l’écart de plus en plus précoce
d’élèves sur des critères essentiellement sociaux et ethniques.
Ainsi du projet d’évaluation dès la maternelle d’enfants « à risque », de la mise en place de classes de
relégation au collège, de l’enfermement des élèves de LP dans une filière sans passerelles, d’une
réforme du lycée qui ne répond pas aux besoins des élèves les moins armés socialement, et
qui remet en cause la voie de réussite que constitue la filière technologique, qui a permis de
former jusque-là un tiers des bacheliers.

Le taux d’une tranche d’âge diplômé du supérieur stagne quand celui des autres pays a progressé de 8%
en 10 ans, et la poursuite d’étude pour les enfants des classes populaires devient de plus en plus difficile.

Tout cela découle de la baisse de l’investissement dans l‘éducation, passée entre 1995 et 2008 de 11,5% à
10,6%, alors qu’elle a augmenté en moyenne dans l’OCDE.

Des conditions de travail très dégradées

Les conditions de travail des personnels ne cessent de se détériorer suite aux recherches d’économies, de
suppressions massives de postes et de la volonté du pouvoir de passer de la liberté pédagogique au travail
prescrit qui enferme les enseignants dans des pratiques inappropriées aux besoins de leurs élèves.

Une enseignante s’est immolée par le feu jeudi 13 octobre dans la cour de son établissement à Béziers.

Evènement dramatique que le ministre a voulu réduire au cas d’une personne "en grande fragilité
psychologique".

Le taux de suicide des enseignants est pourtant l’un des plus forts parmi toutes les professions : 39 cas par
an pour 100.000 enseignants, selon une étude de l’Inserm, contre 35 cas par an dans la police et un taux
moyen de 16,2 cas. D’autres études montrent que le phénomène de burn-out touche beaucoup
d’enseignants.

Pas en France ? C’est la seule réponse du ministre qui, plutôt que de diligenter une étude sur le sujet – il
en a les moyens – préfère trouver la faille chez ceux qui veulent analyser sans a priori la situation du
système éducatif et de ses personnels.


Notre métier n’est plus attractif

Beaucoup de collègues, et notamment parmi les plus jeunes, songent à quitter le métier (plus de 30%
d’après une étude de la MGEN de 2011).

A l’inverse, les concours n’attirent plus : le nombre des postes ouverts est en forte régression, mais en plus
le nombre de candidats décline très rapidement, et près de 1 000 postes n’ont pas été attribués cette
année. La mastérisation du recrutement et les conditions impossibles imposées aux stagiaires sont
directement responsables de la nette aggravation de la situation depuis l’an dernier.

Des salaires qui conduisent à la prolétarisation des enseignants

Dans le même temps, les rémunérations régressent sur la longue durée : la valeur du point dans la fonction
publique est bloquée depuis juillet 2010. Depuis 2000, l’ensemble des fonctionnaires a perdu plus de 9 %
de pouvoir d’achat, les enseignants plus de 20% en 25 ans (en 1970, le salaire de départ d’un enseignant
était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd’hui, il correspond à 1,2 SMIC).
Des études publiées en cette rentrée montrent que, désormais, les enseignants français « titulaires » sont
parmi les plus mal payés en Europe (avant derniers du classement !). Ils sont les seuls (hormis la Hongrie)
à avoir régressé dans la période au sein des pays développés.

Une précarisation qui ne cesse de gonfler et qui remet en cause le statut et
les prérogatives des enseignants

Le taux de précaires parmi les enseignants était l’année dernière de près de 8% en 2er degré, de près de
15% pour les personnels non enseignants. Ils ont des rémunérations à peine supérieures au SMIC, ou
moins du fait de temps partiels subis.

Le projet de loi pour les non titulaires de la fonction publique qui devait - d’après la promesse de Nicolas
Sarkozy - déboucher sur la titularisation progressive de tous les contractuels, donnera surtout au
gouvernement un nouvel outil pour recruter davantage de précaires.
Nous avons refusé de signer le protocole d’accord qui ne pourrait concerner, au mieux si tous les postes
sont réellement ouverts, que 17 % des précaires actuels.

Solidaires et Sud Education poursuivent leur combat pour une vraie titularisation de tous les contractuels.

Quelles revendications pour Solidaires et Sud-Education ?

Nous considérons que ce n’est pas aux salariés du privé comme du public de payer la crise du capitalisme
financier. C’est pourtant le sens du nouveau plan de rigueur de 8 à 10 milliard d’euros et des mesures
annoncées par le président de la République. Dans l’éducation il est clair que la limite du supportable par
les personnels, les élèves et les parents est atteinte !

Au contraire de votre politique il faut des moyens pour l’éducation !

- L’arrêt des suppressions de postes, des recrutements à la hauteur des besoins et aussi la titularisation de
de tous les personnels précaires.

- Des moyens horaires dispensés aux établissements pour permettre la mise en place de véritables
dispositifs d’aide individualisée, de suivi et de pratiques culturelles et sportives

- Le retour à un recrutement à la licence suivi de deux années de formation rémunérées, validées par
l’obtention d’un master ;

- « La revalorisation de tous les salaires qui permette le rattrapage de la perte de pouvoir d’achat. »

- La mise en place de dispositifs d’aide aux enseignants en cas de souffrance au travail, d’une organisation
du travail qui respecte la personne, élève et enseignant, qui favorise le bien-être au travail.

Dans les instances comme dans les mobilisations nous continuerons à porter ces revendications avant
comme après les élections.

Lire la déclaration ici :

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Déclaration Solidaires sud éduc CSE 4 11 11

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