Déclaration de la Fédération SUD Education

à une réunion d’audit sur les horaires au Ministère de l’Education Nationale le 19 juin 2006
mardi 20 juin 2006
mis à jour samedi 15 mars 2008

Paris, le 19 juin 2006

SUD éducation constate que le « dialogue social » passe, pour ce gouvernement, par des invitations aux audits de modernisation, coorganisés avec le ministère des Finances.

Pour SUD éducation, l’éducation n’est pas une marchandise, l’école n’est pas une entreprise. SUD éducation refuse toute forme de gestion manageriale de l’école.

On a vu que le précédent volet de ces audits , dits de « modernisation », a servi de support à l’argumentaire développé par le ministère pour faire passer la pilule des suppressions de postes annoncées au budget 2007 : plus de 5000 dans le second degré, dont 3112 au titre des décharges horaires.

Ces suppressions s’ajoutent à l’énorme plan de licenciement de 17 000 non-titulaires mis à pied en trois ans par l’Education Nationale.

Parallèlement le temps de travail des enseignants ne cesse de s’allonger, leurs charges s’alourdissent : augmentation des effectifs, remplacements à l’interne imposés en heures supplémentaires, remise en cause des décharges horaires. Toutes ces mesures portent atteinte à leurs statuts, participent au démantèlement de la Fonction Publique, tout en permettant le licenciement des précaires.

Ce n’est pas en réalisant des économies sur le dos du service public d’éducation que le gouvernement ramènera la sérénité dans les « banlieues ».

Ce n’est pas en envoyant en apprentissage dès 14 ans les jeunes en difficultés que l’on réduira les inégalités et que l’on assurera l’égalité des droits à l’éducation.

Ce n’est pas en soumettant l’enseignement professionnel aux desiderata du MEDEF, officiellement intronisé comme partenaire du Ministère de l’Education Nationale, et autorisé à faire du prosélytisme auprès de nos élèves en vue de formater de futurs salariés conditionnés et soumis, que l’on oeuvrera pour une école émancipatrice.

Nous demandons :
- le respect des statuts des personnels, notamment en terme de maxima de services. Ce n’est pas en allongeant la durée du travail que l’on réduira le chômage et qu’on améliorera la qualité de l’enseignement ;
- le réemploi immédiat et la titularisation sans conditions de tous les précaires ;
- l’ouverture de postes d’enseignants en nombre suffisant pour assurer les remplacements sur des zones de taille réduite ;
- la prise en compte de la nécessité d’apporter une aide au travail individuel des élèves. Pour cela des heures spécifiques doivent être intégrées dans les services des enseignants, sans porter atteinte aux horaires disciplinaires, dont la diminution, tout comme le principe d’un socle minimal de connaissances, aggrave de fait les inégalités sociales, tout en favorisant le développement des officines de cours particuliers, et la marchandisation de l’école.

SUD éducation refuse de participer à ces audits, qui, à l’évidence, ne sont destinés qu’à cautionner des mesures déjà décidées aggravant le démantèlement du service public d’éducation.

Nous nous en tiendrons donc à cette déclaration, et ne participerons pas au débat.

Je resterai cependant en observatrice, afin de rendre compte à mes camarades.

Pour la Fédération des syndicats SUD éducation,
Laurence PENNEQUIN,
Secrétaire fédérale.

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