Déclaration de la Fédération des syndicats SUD Education.

Conseil Supérieur de l’Education du 22 mai.
vendredi 23 mai 2008

Nouveaux programmes et nouveaux horaires de l’Ecole primaire,
Des régressions inacceptables !

Monsieur le ministre,

La Fédération SUD Education tient à vous faire part des motifs de son opposition totale aux décrets sur les nouveaux horaires et programmes de l’école primaire présentés pour avis au CSE du 22 mai.

• Sur les programmes :

Nous désapprouvons totalement l’idéologie qui les anime.
Comment tourner le dos à la recherche pédagogique menée dans l’Education ?
Comment peut-on dire : « L’école primaire, qui s’est beaucoup fondée sur la confiance dans l’enfant et le pédagogisme, a échoué. Notre motivation est le retour à des mécanismes à partir desquels l’enfant aura des automatismes. »
Parmi les élèves en difficulté beaucoup le sont, parce que les apprentissages ne font pas sens. Ce ne sont pas les automatismes qui les aideront. Nous ne pouvons que nous associer aux différents et nombreux argumentaires rédigés par des syndicats, des groupes pédagogiques progressistes, des associations de parents d’élèves et des chercheurs.
Comment oser parler de consultation des personnels ?
Ces programmes ont été conçus en catimini : il a fallu attendre le 1er avril 08 pour connaître la liste des personnes ayant contribué à cette rédaction. Les personnels à peine sollicités, le BO du 10 avril 2008 annonce que « Dès la rentrée, de nouveaux programmes pour les écoles maternelles et élémentaires entrent en application. » .
Ce ne sont pas les quelques retouches apportées depuis, qui modifient l’idéologie de régression scolaire qui les anime.
Nous demandons le retrait de ces programmes, inspirés d’un âge d’or qui n’a jamais existé, mais qui ressemblent à ceux d’une époque qui ne comptait que 2 ,5% de bacheliers.

• Sur les horaires :

Un flou volontaire. Le décret fait dans la précipitation et sans véritable concertation ne fixe aucune norme nationale quant aux modalités d’utilisation des 2 h liées à la suppression du samedi matin, ce qui laisse entrevoir de très grandes disparités d’un département à l’autre, d’une circonscription à l’autre, d’une école à l’autre. Nous dénonçons les pressions exercées par la hiérarchie sur les équipes d’école pour faire avaliser lors des derniers conseils d’école de l’année scolaire 2007-2008 des dispositifs d’utilisation.
Dans un tel contexte , la gestion des 2 heures constitue une étape dans la fin programmée du service public d’éducation, instituant de fait un véritable caractère propre pour chaque école tant sur le plan du fonctionnement que pour les conditions de travail des personnels : flexibilité et annualisation des services.

Quelle aide face à la difficulté dès le Primaire ?

Pour SUD éducation le soutien aux élèves en difficulté doit s’effectuer dans le cadre des horaires scolaires obligatoires et ne peut être fondé sur le volontariat des familles. Cela passe par :

-  la réduction des effectifs par classe
-  le renforcement des capacités d’intervention des enseignants spécialisés (RASED)
-  l’arrêt des suppressions de postes et leur réaffectation par la mise à disposition de maîtres supplémentaires dans les écoles
-  une réflexion en profondeur sur les contenus, les programmes, le fonctionnement de l’Ecole et la durée de service des enseignants.

C’est pour cela que nous dénonçons l’absence totale de prise en considération des rythmes chrono biologiques des enfants, en particulier les plus en difficulté, les nouvelles charges de travail que cette nouvelle organisation ne manquerait pas de représenter pour les enseignants.

Nous demandons pour la rentrée 2008 :

- le report de toute décision touchant à la gestion des 2 h pour le premier conseil d’école de la rentrée 2008.
- Que, dans le cadre des 60 heures dégagées, les équipes puissent d’ici là réfléchir dans la sérénité et la clarté sur l’efficience de modalités ouvertes d’utilisation de ces heures ainsi libérées qui incluent la prise en compte de la totalité des tâches déjà effectuées par les enseignants du 1er degré.

Sur l’ensemble des questions soumises au CSE de ce jour, nous demandons de véritables négociations tenant compte de l’avis des personnels, des organisations syndicales et du travail de la recherche.

Nous ne reviendrons pas ici sur l’ensemble d’une politique éducative inspirée par la volonté de supprimer 90 000 emplois dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques, ni sur les déclarations souvent provocatrices du ministre de l’Education.

La seule façon de s’opposer à la destruction du système éducatif en cours reste l’action et la grève avec les personnels, les lycéens et les parents.

St Denis le 21 mai 2008

Navigation

Agenda

<<

2019

>>

<<

Octobre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
30123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123