Déclaration de la fédération SUD Education au CSE du 7 juillet 2011.

jeudi 7 juillet 2011

En juillet, les masques tombent

L’année scolaire s’achève sur une dernière provocation : la proposition de la mission d’information de l’assemblée nationale de supprimer le statut de la fonction publique pour les enseignants au profit d’un recrutement de type privé ! Pour nous il est inacceptable de remettre en cause les garanties statutaires des personnels et tout simplement le service public dont ce statut garantit l’indépendance. La dénaturation et l’affaiblissement du service public de l’éducation nationale que le ministère organise depuis des années dans un cadre de restrictions budgétaires ne semblent pas suffire à la majorité gouvernementale. La précarisation des statuts et l’accroissement des pressions et du contrôle hiérarchiques sur le mode du privé créent pourtant un climat d’insécurité au travail qui est déjà très défavorable à un service public de qualité. C’est dans ce contexte que vient d’être remis à M. Chatel, le 4 juillet, le rapport sur les rythmes scolaires. Si la question des rythmes et des conditions de vie à l’école des élèves est légitime, celle des conditions de travail des personnels de l’éducation l’est aussi et nous n’accepterons aucune dégradation ni pour les uns ni pour les autres. Le ministère serait bien avisé de résister à la tentation estivale d’un passage en force !

Les réformes que vous avez poursuivies cette année au lycée général et technologique ne répondent pas, pour nous, aux besoins des élèves alors que de nombreux programmes sont contestés en CSE et surtout par les enseignants sur le terrain. L’éducation prioritaire est dévoyée avec le dispositif Eclair ; vos faveurs vont au privé et à l’apprentissage dans l’enseignement professionnel au détriment d’une élévation du niveau global de formation. La dérive sécuritaire, la suppression des allocations en cas d’absentéisme, le noyau « éducatif » du dispositif Eclair et les dernières mesures externalisées de travaux d’intérêt général ne remplaceront pas une prise en charge par des professionnels titulaires dans les établissements et les écoles.

L’année scolaire à venir s’annonce donc comme une aggravation des problèmes que connaît déjà le service public de l’éducation nationale. C’est ce que confirment la relance du recrutement de personnels précaires et les annonces récentes sur la mise en place de masters en alternance pour préparer les concours de l’enseignement. Après s’être engagé à limiter les fermetures de classes début juin, M. Chatel renoncerait, devant la mobilisation, à 2000 suppressions de postes dans le 1er degré. Puisque le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraire est maintenu, il s’agit sans doute d’obtenir encore plus de suppressions de postes dans le second degré... C’est ce que peut laisser penser le vote par la majorité actuelle de la loi sur l’alternance, adoptée le 21 juin par l’Assemblée, qui légalise l’apprentissage à 15 ans et remet en cause la scolarisation obligatoire jusqu’à la fin du collège. Cette volonté idéologique de rapprocher à tout prix l’école de l’entreprise permettra de continuer à supprimer des postes mais elle risque fort de casser le collège en deux. C’est faire l’économie de repenser un collège unique avec de réels moyens, c’est revenir sur le droit à l’éducation pour tous qui devrait être porté à 18 ans, l’âge de fin de la scolarité réelle pour l’essentiel des jeunes.
Nous ne doutons pas que vous saurez nous expliquer le mystère des postes maintenus mais supprimés, tout en nous rassurant sur la scolarisation de toute une classe d’age dans un collège unique repensé...

De très nombreux points, à l’ordre du jour, concernent la mise en place du Bac pro et de la réforme du lycée dans la voie générale et la voie technologique : vous connaissez notre opposition et pouvez facilement deviner notre vote. C’est en partie le cas des textes qui prétendent adapter le baccalauréat à la réforme du lycée mais qui, au passage, introduisent le contrôle continu en langue vivante. Nous sommes aussi surpris de l’envoi, à la dernière minute, d’un texte qui réorganise fondamentalement les services académiques et départementaux au profit du recteur. Derrière cette recentralisation loin des acteurs de terrain, on perçoit les économies envisagées par la mutualisation annoncée des moyens entre départements.

Parce que vous préparez, aux personnels et aux élèves une année pire que celle qui s’achève, la Fédération des syndicats SUD Éducation appelle les personnels de l’éducation à construire la mobilisation sur les lieux de travail et dans les départements dès la rentrée. C’est dans ce cadre qu’elle les appelle à se mettre en grève le 27 septembre.

Saint- Denis, le 6 juillet 2011

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