Déclaration liminaire de SUD Education au Conseil Supérieur de l’Education

séance du 18 mai 2006
jeudi 18 mai 2006
mis à jour samedi 2 septembre 2006

La montée de la précarisation suscite aujourd’hui la révolte légitime de toute une jeunesse placée sous la
menace angoissante de licenciements sans motif, tels que prévus par le Contrat Première Embauche. La
mobilisation de la jeunesse a trouvé un écho dans toute la société et a mis en échec le CPE. Ce n’est qu’un
début. C’est la loi dite « pour l’égalité des chances « qu’il faut abroger.

On retrouve cette même volonté de précarisation dans le projet de loi CESEDA (Code de l’entrée et du
séjour des étrangers et demandeurs d’asile). L’ objectif affiché du gouvernement c’est : l’immigration choisie",
celle de la main-d’oeuvre, déterminée par les seuls besoins du marché du travail contre "l’immigration subie"
celle des conjoints, des enfants . Même les étudiants autorisés à venir étudier en France seront impitoyablement
sélectionnés.

La fédération des syndicats SUD éducation, son Union syndicale SOLIDAIRES, prennent toute leur
place dans ce combat pour l’abrogation de ces lois iniques. En particulier :

Nous ne laisserons pas expulser nos élèves [1].

Aujourd’hui dans notre pays, des enfants, des adolescents, de jeunes majeurs - nos élèves - sont traqués jusque
dans les écoles. Ils sont arrachés de leur classe, séparés de leurs camarades, pour être enfermés avec leurs familles dans des centres de rétention que le rapport Mermaz qualifiait déjà en 2001 d’ « horreurs de la République », ce que vient de confirmer Gil Roblès, le commissaire européen aux droits de l’Homme. Puis ils sont expulsés vers des pays où leur avenir est menacé.

Des mineurs isolés sont chassés du territoire français dès leur majorité. Des hommes et des femmes sont menottés,
bâillonnés, ligotés sur un siège d’avion.Tous ont fui la misère, la guerre, la violence... Ils se sont réfugiés chez nous pour manger à leur faim, vivre dans des conditions décentes et dans la sérénité.

Or, des lois de circonstance, des circulaires et des pratiques administratives organisent la traque des étrangers, leur rejet et leur expulsion du territoire français. Ils sont ainsi contraints à la clandestinité et à la misère qu’elle engendre. Malades, ils n’ont pas accès aux soins. Travailleurs illégaux, ils sont dans une totale dépendance vis-à-vis de leurs patrons et sont confrontés à la précarité, la surexploitation et le non-droit.

Cette politique est indigne des principes qui fondent une démocratie.

Devant l’ampleur des protestations dans les établissements scolaires, le ministre de l’Intérieur, Nicolas
Sarkozy, a annoncé qu’il n’y aurait aucune expulsion de familles avec un enfant scolarisé, en cours d’année
scolaire. Outre qu’une fois de plus l’annonce était mensongère, elle programmait des expulsions massives pour les mois de juin, juillet et août.

Nous refusons que certains élèves ne soient pas dans leur classe à la rentrée de septembre.

Nous appelons à signer massivement la pétition de RESF : (Réseau d’Education Sans Frontières) « Nous les prenons sous notre protection » dans laquelle les signataires déclarent : « Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police. » (Seul le prononcé fait foi )

Intervention sur l’ordre du Jour de la séance du CSEN du 18 mai 06

Point 1 :

CONTRE le projet de décret relatif à l’apprentissage junior

Cette mesure, présentée par le Premier ministre comme une réponse à la crise des banlieues et aux violences urbaines, constitue un recul historique inacceptable.

En effet, la loi sur l’égalité des chances ouvre la possibilité pour les jeunes de travailler en entreprise dès 14 ans et de signer un contrat d’apprentissage - qui est
un contrat de travail - dès 15 ans au lieu de 16 ans. Ce type de formation professionnelle étant présenté comme un remède aux problèmes de l’échec scolaire.

SUD éducation dénonce cette loi, considérant que :
- L’enseignement professionnel ne peut être dissocié d’un enseignement de culture générale.
- L’apprentissage ne doit pas se substituer à l’enseignement professionnel en lycée.
- L’apprentissage est le moyen pour les employeurs de disposer d’une main d’oeuvre malléable et bon marché plutôt que d’assurer la transmission des savoirs.
- En tant que contrat de travail, le contrat d’apprentissage répond aux difficultés de recrutement dans certains secteurs, le bâtiment et l’hôtellerie par exemple,
où les conditions de travail sont désastreuses.

Ce n’est pas dans ce contexte que nos élèves en difficulté trouveront l’estime de soi ; et c’est un mensonge que de faire croire que les entreprises sont prêtes à accueillir des élèves en rupture scolaire, voire en errance.

C’est donc à l’éducation nationale et dans le cadre de ses établissements scolaires, d’assurer la formation professionnelle des jeunes, d’encadrer les stages. Dans ce cadre se pose la question de la revalorisation du travail manuel par un salaire étudiant-lycéen.

Point 2 :

CONTRE le projet de décret relatif au contrat de responsabilité parental

Depuis quelques années, l’accent mis sur la lutte contre l’absentéisme s’est transformé en grande cause sécuritaire. L’approche qui consiste à poursuivre pénalement les parents défaillants est détestable car un tel « contrat » signé par
des parents dit « défaillants » n’a pas de sens, sauf à s’inscrire dans une logique de contrôle social et au final de criminalisation des pauvres.

Nous appelons les chefs d’établissement à ne pas se faire complice d’une telle entreprise en refusant de procéder au « signalement » auprès du Conseil général.


[1Intervention d’ouverture au Congrès de la fédération des Syndicats SUD Education, Clermont-ferrand, le 9 mai 2006 (extraits)

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