Définition sommaire du lycée des métiers

Faire des établisssements scolaires des lieux de formatage aux compétences locales
samedi 16 octobre 2004
mis à jour vendredi 5 novembre 2004

Le lycée des métiers peut sommairement être défini comme une plate forme de formation en flux tendu.

C’est à dire que le terme lycée disparaît puisqu’il est destiné à accueillir tous les types de publics possible, en formation initiale (lycéen de bac pro et technologique, BTS, licence pro) ou en formation continue (apprentis, en alternance, salariés en perfectionnement ou en reconversion, chômeur en stage obligatoire, délinquant en stage de socialisation "par le travail"...). Inutile de penser qu’une telle diversité va entraîneer une multitude de classes, donc maintenir, voire créer des postes... Le but du ministère étant de réduire au maximum les coûts, notamment salariaux, il est évident que les enseignants vont devoir adapter leur enseignement dans des heures de cours rassemblant des publics différents... Et bonjour la gymnastique consistant à effectuer une progression annuelle avec des élèves que l’on voit toutes les semaines, et des apprentis que l’on voit une semaine sur 3 ou 4... sans parler des salariés en stage... Et comment ne pas voir dans l’introduction du CCF la possibilité d’en finir avec la lourdeur des épreuves nationales. Qui mieux que l’enseignant peut juger de la réussite de chacun de ses "élèves" ? La pédagogie différenciée, si chère aux ministères de l’Education nationale, quelque soit le label politique, va enfin trouver pleinement sa place !

Le terme "formation" est plus judicieux qu’enseignement, mais l’idéal serait le terme "formatage" pour désigner l’adaptabilité des contenus enseignés aux réalités instantanées du bassin d’emploi à géométrie variable (du local au régional), autour de métiers comme l’électricité, l’automobile, le bâtiment etc. Car, comme les médias et les politiques de droite et de gauche ne cessent de le marteler, la lutte contre le chômage est une priorité qui nécessite de voir les formations nationales s’estomper au profit de compétences spécifiques aux besoins du bassin d’emploi... et qui nécessite que le salarié ne se voit plus comme un assisté de l’entreprise, mais comme un collaborateur qui se doit de se former du berceau au tombeau pour rester compétitif...

Le lycée des métiers, projet si cher à notre ex-ministre de l’enseignement professionnel, le socialiste Jean-Luc Mélenchon, n’a toutefois pas eu le succès attendu... Les quelques mobilisations contre ce projet et la diffusion des analyses du lycée des métiers, notamment de la part de SUD éducation, ont freiné les ardeurs du pouvoir qui se souvenait de la chute du si libéral Allègre... Certes, son successeur Ferry n’a pas stoppé la mise en place du lycée des métiers. Bien au contraire, peu à peu, en fonction des conditions locales, le nombre de labellisations augmente... Mais il est évident que si la métamorphose d’un lycée normal en lycée des métiers entraîne les conséquences que nous avons énumérées précédemment, ces mêmes conséquences peuvent avoir lieu dans des établissements qui n’ont pas le label lycée des métiers... L’important n’est pas le nom mais ce qu’on y fait, et dans quelle logique cela se fait ! (voir l’article sur la plate-forme technologique)

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