Directive Bolkestein, nouvelle version

Lourdes menaces sur l’éducation
lundi 13 février 2006
mis à jour jeudi 13 avril 2006

Le 14 février, la dernière version de la directive sera votée au parlement européen. Alors que Chirac, dans ses efforts désespérés pour sauver le projet « constitutionnel » européen affirmait qu’elle était abandonnée, ce sont ses propres députés qui en ont fait passer, en novembre, la version la plus dure en commission !

Mais quel est exactement le contenu de cette directive [1] ? Elle fait bien la distinction entre services d’intérêt général et services d’intérêt économique général. Seuls ces derniers seraient concernés. A ce titre, les « grandes missions publiques de l’Etat », dont l’éducation apparemment, seraient épargnées. Cependant, d’un pays à l’autre de l’Europe, l’éducation est soumise à des statuts différents. Ainsi, dans beaucoup d’entre eux, sa privatisation est déjà en place ou bien avancée. De plus la directive s’applique aux activités d’éducation considérées comme étant de nature économique. Or la définition de telles activités relève en dernier lieu de la seule appréciation de la Cour de Justice européenne... aux options libérales bien connues. Le champ d’application de la directive dans le domaine des activités d’éducation n’est donc pas défini par des limites précises, mais soumis aux évolutions dans l’organisation nationale des systèmes éducatifs. Il dépendra par exemple du degré de libéralisation des systèmes d’enseignement supérieur et surtout, dans un premier temps, de l’enseignement technologique et professionnel.

Ainsi, si les menaces qui pèsent sur le domaine de la santé sont plus explicites, il n’en reste pas moins que le domaine de l’éducation, à terme, est lui aussi visé. Le principe fondamental de la directive est l’accroissement de la compétitivité européenne dans le domaine des services qui, comme le remarque le préambule du texte, représente 70% du PNB et des emplois en Europe. Dans la continuité du processus de Lisbonne, Bolkestein participe à la réalisation de l’objectif suivant : « faire de l’UE, à l’horizon 2010, l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. La réalisation de cet objectif rend, en effet, indispensable la réalisation d’un véritable Marché intérieur des services ». Comment avoir la naïveté de croire que l’éducation sera exclue de ce marché ! Hier les Transports ont subi des attaques libérales extrêmement virulentes, aujourd’hui ce sont la Santé et la Culture. Idem pour le supérieur et l’université (LMD), et l’on voudrait nous faire croire que l’Ecole serait protégée ? Thélot, le lycée des métiers, le blocage du recrutement des personnels et les remplacements à l’interne, la LOLF, Robien et ses amis du Medef avec lesquels les rencontres « Ecole-Entreprise » se multiplient dans toute la France, ne participent-ils pas d’un processus dont Bolkestein n’assure que la mise en forme juridique ? Réveillons-nous, Bolkestein et le cortège de réformes libérales dans lequel il s’inscrit est bien de retour.

Lors des rencontres du Réseau européen des syndicats alternatifs, en novembre dernier, nous avons tous unanimement rejeté cette directive et décidé de mener une campagne unitaire pour dénoncer son contenu réel :


le 11 février, journée de mobilisation européenne et le 14 février, à l’appel de certains syndicats dont Solidaires, manifestation à Strasbourg !

Commission fédérale "International"


[1Consulter le site www.stopbolkestein.org

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