Ecole et mondialisation capitaliste - bulletin n° 11

Bulletin à périodicité aléatoire proposé par la Commission Ecole & Mondialisation Capitaliste N° 11
 février 2004
mis à jour samedi 12 novembre 2005

Ça devait bien arriver...

Le MEDEF pousse les feux. Pourquoi s’en priverait-il ? Il siège es qualités au sein même du gouvernement, est hégémonique dans les médias et peut se féliciter de trouver des oreilles complices dans les plus hautes sphères de l’administration. Quand le rapport de forces lui paraît favorable, il ne manque pas une occasion d’avancer ses pions. Sur le terrain scolaire, par exemple, comme en témoigne la charte signée le 28 novembre 2003 par le MEDEF de Poitou-Charentes et l’Académie de Poitiers. MEDEF et Poitou, ça nous évoque bien quelque chose d’ailleurs, Seillière plus Raffarin : un attelage qui a déjà fait ses preuves...

Disons le crûment : ils n’y sont pas allés de main morte. Ce qu’ils officialisent, c’est la naissance d’un partenariat permanent entre les patrons et l’Education nationale. Le projet est sans ambiguïté : préparer « les modalités d’adaptation de la formation professionnelle liées aux
évolutions technologiques et économiques. » Des esprits chagrins parleront peut-être d’instrumentalisation de l’enseignement... En tout cas, le MEDEF se chargera d’exposer les besoins des entreprises, de donner son avis sur les modifications des « structures pédagogiques » et, en toute objectivité, dispensera une information sur l’orientation des jeunes.

Les élèves et leurs parents ainsi mis en condition, nos deux complices pourront alors proposer des formations en alternance, inviter « des professionnels qualifiés (à) participer aux enseignements dans des secteurs spécifiques » et le MEDEF, toujours dévoué, « apportera
son concours technique aux différentes actions d’évaluation et de validation, notamment en vue de la délivrance de l’enseignement technologique et professionnel. » Tout un programme, où le « notamment » en dit long sur les intentions patronales.

Et ce n’est pas tout. Généreux comme il sait l’être, il n’hésitera pas à donner un coup de main (désintéressé) pour la « formation et l’information des enseignants (en particulier ceux des collèges ou de l’enseignement technologique et professionnel) et à la « conduite de projets innovants » avec les établissements. Pareil plan mérite d’être conduit de main ferme. Douze patrons à parité avec douze représentants de l’Académie vont s’y employer pour « définir les priorités », assurer « le suivi des projets » et « impulser et piloter les orientations stratégiques. » Pas moins. A cette fin, il sera assisté d’un Comité technique, tout aussi paritaire
(des « acteurs de terrain » venus des entreprises et de l’Education) qui sera chargé de mettre en musique les directives patronales.

Ce document signe ainsi l’entrée officielle du MEDEF dans l’Education et la mort programmée du service public. Choix des filières, contrôle des contenus et des méthodes, mise sous tutelle des enseignements, délivrance des diplômes... cette expérience pilote préfigure ce que sera demain l’école néolibérale. Elle étonnera seulement ceux qui ont oublié les multiples
avertissements généreusement prodigués par le patronat dans ses publications. « La formation initiale... (doit) s’ouvrir davantage sur le monde de l’entreprise. Il importe de tisser des relations plus étroites entre l’Ecole et l’entreprise pour pouvoir partager une vision commune du monde du travail. » (La compétence professionnelle, enjeu stratégique -Cahiers du MEDEF-2002).


Eliminer le travail des enfants ? Fastoche !

Un groupe de dangereux subversifs genevois, l’Organisation Internationale du Travail, vient de publier (3-02-04) un rapport qui chiffre le coût de l’élimination du travail des enfants dans les “ pays en développement ” - comme ils disent.

L’OIT a prévu un plan sur 20 ans pour redonner une enfance, et notamment une scolarité, aux 182 millions de travailleurs de moins de 14 ans actuellement estimés. Ce plan inclut la construction d’écoles, la formation des enseignant(e)s, et une allocation aux parents pour
compenser la perte de revenus.

Coût total sur 20 ans : 760 milliards de dollars, soit 38 milliards par an. Sur la même période annuelle, les pays concernés consacrent 1000 milliards de dollars au remboursement des intérêts de la dette extérieure (chiffre pour l’année 2000).

Il suffirait donc que les organismes financiers internationaux (FMI, Banque Mondiale) et les grandes banques privées consentent une remise de dette minime pour financer ce plan.

Rappelons encore que l’expression “ remise de dette ” est ici trompeuse : la dette initiale elle-même a déjà été remboursée plusieurs fois, ce qui n’empêche pas les intérêts cumulés de continuer à courir...

Alors, puisque c’est si fastoche et si bon marché d’éliminer le travail des enfants, ça va se faire, c’est sûr, non ?


Contacts
Courrier : CEMC - SUD Education HN - 8 rue Louis Blanc - 76100 - ROUEN
Fax : 02 35 63 20 05
Téléphone : 02 35 63 20 05 les lundi et mardi après-midi ou message au 02 35 70 97 73
E-mail : a.denieul@wanadoo.fr

Agenda

<<

2019

 

<<

Juillet

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930311234