Édito

lundi 8 janvier 2018

Sud éducation adresse à toutes et tous ses meilleurs vœux pour l’année 2018.
Que l’année 2018 soit celle d’une mobilisation large et unitaire dans la rue, les entreprises et les administrations, avec les salarié-es, précaires, chômeur-euses, étudiant-es, retraité-es !
Le programme gouvernemental « Action Publique 2022 » vise une réduction drastique des dépenses. Dans l’Éducation nationale, il se traduit par une baisse des postes offerts aux concours du second degré alors que les effectifs ne cessent d’augmenter.
À la rentrée 2018, personnels et élèves affronteront une situation difficile. Pour réaliser la promesse du candidat Macron de dédoubler les CP et CE1 en éducation prioritaire, le ministère demande au second degré de rendre des postes et ampute les services académiques. Le premier degré devra réduire le nombre de remplaçant-es et amplifier le recrutement de personnels précaires. La refonte du baccalauréat et celle de l’enseignement professionnel entraîneront probablement une perte d’heures d’enseignement. Cette répartition des moyens (Comité technique ministériel du 20 décembre 2017) montre que pour ce gouvernement l’éducation est, comme les autres services publics, d’abord un coût qui doit s’adapter aux dogmes libéraux.
Cette réforme vers un baccalauréat modulaire, dont est exclu l’enseignement professionnel, s’inscrit dans la droite ligne du projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants supprimant la liberté de choix à l’entrée de l’Université. Désormais, ce sont les établissements qui trient. Le principe selon lequel « Tout candidat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix » (art 612-3 du Code de l’éducation) est abrogé. Est également supprimée la garantie que « les dispositions relatives à la répartition entre les établissements et les formations excluent toute sélection ». Sous prétexte que la majorité des filières est déjà sélective, la sélection s’étend aux premiers cycles universitaires (voir pages 6-7-8). À la sélection par l’échec, on ajoute une sélection officielle qui va renforcer la sélection sociale. Les élèves issu-es de bac pro ou techno seront massivement concerné-es.
Selon l’avis du Conseil d’État, un tel projet ne rompt pas l’égalité républicaine car il s’appuie sur « des critères objectifs et des calculs rationnels ». Les établissements devront respecter leurs obligations d’informer les candidat-es et créer des dispositifs d’accompagnement pédagogique. Mais avec quels moyens ? L’autonomie des universités met celles-ci en concurrence pour trouver des financements.
Sans attendre l’adoption de la loi, la mécanique infernale dont les enseignant-es ne sont que les rouages se met en route dans les lycées. Organisée autour de la logique des compétences, de l’individualisation des parcours et de l’employabilité, l’orientation active a déjà transformé les enseignant-es en « coach » guidant l’apprenant vers l’emploi. Plutôt que la sélection ou le tirage au sort, ce qu’il faut c’est créer le nombre suffisant de places pour accueillir tout-es les bacheliers/ères et absorber la hausse démographique.
Sud éducation, porteur d’un projet d’école égalitaire, émancipateur et autogestionnaire considère que ces transformations de l’école et la mise en place de la sélection sont inacceptables.

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