Éducation sexuelle à l’école

peut mieux faire !
vendredi 10 décembre 2010

Des textes juridiques…

L’information sexuelle à l’école a vu le jour officiellement par la circulaire du 23/07/73 sous la forme de séances facultatives hors emploi du temps des élèves. Avec les circulaires de 1996 et de 1998 des séances d’éducation à la sexualité au collège et à la prévention du sida sont inscrites dans l’emploi du temps des élèves et pour les réaliser un dispositif de formation est proposé aux personnels.

L’article 22 de la loi nº 2001-588 du code de l’éducation du 4/01/01, les circulaires d’application de cette loi et l’article L312-16 du code de l’éducation prévoient qu’« une information et une éducation à la sexualité [soient] dispensées dans les écoles, collèges et lycées à raison d’au moins trois séances par groupes d’âge homogène ». Cette démarche s’inscrit dans une politique de prévention et de réduction des risques (maladies sexuellement transmissibles, grossesses non désirées), de protection des jeunes face aux violences ou à l’exploitation sexuelle et de lutte contre les préjugés sexistes et homophobes. Les intervenant-e-s sont soit des personnels de l’éducation (enseignant-es, infirmières, médecins...) soit des personnes extérieures appartenant à un organisme agréé par le Ministère de la santé. Enfin, l’éducation sexuelle est inscrite dans le décret du 11/07/06 relatif au socle commun de connaissances et de compétences.

…aux terrains : une application trop aléatoire !

Certains progrès sont à signaler puisque près de 90 % des jeunes utilisent un préservatif lors du premier rapport sexuel. Cependant, la prise en compte de ces risques est inégale et dépend de la classe sociale et du niveau de diplôme.

Une étude de l’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé) en 2007 révèle un paradoxe français : alors qu’une majorité des Français-es utilisent un moyen de contraception, le taux d’IVG reste l’un des plus élevés d’Europe. Et si le taux d’IVG reste stable pour l’ensemble des femmes, celui des jeunes filles de 15 à 19 ans augmente (14,3 % en 2007 contre 13,1 % en 2001 et 11,6 % en 1990). D’autre part, les idées reçues ont la vie dure. Par exemple, certain-e-s pensent qu’on ne risque pas d’être enceinte lors du premier rapport sexuel et un-e jeune sur dix âgé-e de 15 à 20 ans n’a pas conscience que la pilule ne protège pas du VIH et des infections sexuellement transmissibles. Un-e jeune sur trois chez les 15-20 ans pense que la pilule peut rendre stérile et fait grossir.

En février 2010 un
rapport de l’IGAS
(inspection générale
des affaires sociales)
évaluant les retombées de la loi de 2001,
pointe les difficultés
de mise en place de
l’information
sexuelle à l’école.

Les raisons en sont nombreuses :
- l’application de la loi est très variable selon les établissements ;
- à cette diversité des situations locales s’ajoutent les difficultés pour organiser ces séances du fait de leur manque d’intégration dans les programmes et les vies scolaires, d’un manque de disponibilité des salles, d’un manque de disponibilité et/ou d’effectifs suffisants des personnels sociaux et de santé et enfin des problèmes de coordination entre les équipes éducatives et les intervenant-e-s extérieur-e-s ;
- en outre, le coût des actions n’est pas intégré dans les prévisions budgétaires et leur financement dépend de diverses sources (Éducation nationale, conseils régionaux et généraux, assurance maladie, etc.) ;
- de plus, les intervenant-e-s extérieur-e-s sont de sensibilités diverses : du planning familial à des associations qui prônent une morale réactionnaire qui limite la « bonne » sexualité au cadre du mariage. D’autre part, leurs liens avec l’école et leur nombre d’interventions varient d’une région à l’autre ;
- enfin, dans certains cas, on constate une moins bonne information. Ainsi en lycée professionnel, la sexualité a été dès 1975, un sujet abordé librement pendant les cours d’Économie Familiale et Sociale. Mais depuis qu’elle est incluse dans le socle commun, elle a disparu des matières qui ont remplacé l’EFS, qu’il s’agisse de la Vie Sociale et Professionnelle vers les années 90 ou de la Prévention Santé Environnement apparue avec le baccalauréat professionnel en 3 ans. En effet, les PLP de biotechnologie Santé Environnement n’abordent que les notions d’IST et contraception !

Des solutions pourtant simples

Pourtant cette éducation à la sexualité à l’école doit être efficace et socialement moins inégalitaire pour prévenir les violences sexistes faites aux femmes et aux homosexuel-le-s. Pour cela, il faut augmenter les effectifs des personnels de santé de l’Éducation nationale et renforcer la formation des enseignant-e-s, voire les sensibiliser dès leur stage de formation.

Il faut augmenter
les effectifs des personnels de santé de
l’éducation nationale et renforcer la
formation des enseignant-e-s

Il faut également développer la formation des professionnels de la santé, nécessaire en raison de la multiplication des moyens contraceptifs et des moyens médicamenteux d’interruption des grossesses. Aujourd’hui, dans la formation des médecins, le temps consacré à la contraception reste très marginal. Le planning familial déplore d’ailleurs le manque de médecins militants, les plus âgés partant progressivement à la retraite.

Les enjeux sont importants. Il s’agit d’offrir aux jeunes, en matière de sexualité un choix libre dans le respect de l’autre en présentant notamment une éducation sexuelle moins « hétéro-centrée ».

Commission Droits des femmes

Agenda

<<

2019

 

<<

Juin

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930