Egalité des sexes

 juin 1998
mis à jour samedi 12 novembre 2005

1) Dans la fonction publique, et dans l’Éducation nationale en particulier, les discriminations sexuelles sont statutairement proscrites puisque les conditions d’accès aux différents emplois et les rémunérations sont les mêmes pour tous.

La différenciation s’opère par l’accès inégal aux postes les mieux payés, que ce soit par des filières inégales (cf en annexe le cas des OEA, ouvriers d’entretien et d’accueil), ou par l’accession d’un plus grand nombre d’hommes aux fonctions d’encadrement et de direction les mieux rémunérées.

2) A part le cas des OEA, dont SUD éducation demande la transformation en OP, l’infériorité salariale des femmes dans l’EN est une situation de fait.

Ce serait "d’elles-mêmes" que les femmes manifesteraient moins d’ambition pour les postes les plus élevés et les mieux rémunérés. La nécessaire "conciliation entre vie familiale et vie professionnelle " les rendrait moins disponibles au travail, à tel point que le métier d’enseignant a pu apparaître comme un métier à mi- temps permettant de s’occuper des enfants avec un salaire d’appoint, d’où sa féminisation. En effet, ce sont très majoritairement les femmes qui choisissent l’enseignement. Mais en réalité, la "féminisation" du métier ne s’est produite que parce que les hommes quittent ce métier pour d’autres, mieux reconnus et/ou plus lucratifs.

3) SUD éducation réfute la notion de "besoins spécifiques des femmes" et pense que les femmes, qui en tant que telles, ont été privées pendant des siècles de droits politiques, civils, sociaux, et de droits du travail équivalents à ceux des hommes, doivent pouvoir exercer librement ces droits nouvellement acquis.

4) Ce qui, dans nos sociétés, pose un problème, c’est l’idéologie de la différence en tant que produit des rapports de domination, notamment de sexe.

C’est parce que le droit issu de la révolution de 1789 a construit une "nature femme" qu’elles ont pu être exclues du statut d’individu et des droits qu’il entraînait, et qu’elles se sont vu attribuer par la force des fonctions sociales "propres à leur sexe" et les "besoins" homogènes liés à ces fonctions.

5) Abolir ces structures de domination et d’oppression qui frappent les femmes est toujours à l’ordre du jour.
C’est parce qu’il milite pour une autre société, dans laquelle l’exploitation serait bannie, que SUD éducation remet fondamentalement en cause toutes les divisions du travail, y compris donc la division sexuée du travail.

6) Traiter correctement ce problème est d’autant plus important que, comme nous l’avons déjà souligné, de nombreuses branches dans les métiers de l’Éducation Nationale sont largement féminisées et que nous oeuvrons dans un système de reproduction des inégalités sociales, en particulier celles qui s’exercent contre les filles, tant par des modèles de comportement toujours diffusés par de nombreux manuels scolaires que par la sélection et l’orientation dans certaines filières.

Dans tous ces domaines le temps des recherches et des enquêtes est passé. Toutes les études nécessaires existent, nous en sommes au temps de l’action politique.

7) Dans la vie syndicale, nous ne pensons pas que des "commissions femmes", que l’application de quotas ou des places réservées aux femmes dans les postes de responsabilité, soient une réponse adaptée à la violence symbolique qui frappe les femmes, au sein du syndicat comme dans l’ensemble de la société.

A titre transitoire, des aménagements concernant les jours, les horaires et les modalités des réunions rythmant la vie syndicale, sont sans doute nécessaires pour faciliter la participation et l’engagement de tous. On sait bien que ce sont les femmes qui majoritairement assurent une double journée et vivent de plus en plus souvent seules avec des enfants. Méfions-nous des conséquences réelles de mesures qui ne résolvent pas la participation des syndiquées à la vie politique, syndicale et associative générale, entièrement, ou presque, organisée par les hommes. Méfions-nous également de leur sens : pérennisées, elles entérineraient au lieu de la combattre la répartition sociale sexuée des charges de la vie domestique et privée.

8) C’est sur les faits que SUD Éducation veut être jugé, dans ce domaine comme dans les autres. Promouvoir l’adhésion, l’activité, la participation et l’engagement des femmes à toutes les tâches et tous les échelons du syndicat est l’affaire de tous et nous devrons en mesurer périodiquement les effets.

Lors de notre premier congrès, un état des lieux sera fait. Des conclusions en seront tirées. Le plus rapidement possible, nous devrons parvenir au même pourcentage de femmes et d’hommes dans toutes les fonctions et dans tous les échelons du syndicat. Un syndicalisme de transformation sociale passe aujourd’hui forcément par là.

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