Elle y est, elle y reste !

Mobilisation réussie pour la réintégration d’une précaire dans un LP du Loiret
samedi 26 novembre 2011

Parcours précaire

Le 27 septembre 2010, Emma [1], 51 ans, veuve et élevant seule son enfant, est embauchée en CAE-CUI (Contrat d’Accès à l’Emploi - Contrat Unique d’Insertion) pour assurer le secrétariat du Chef de travaux d’un lycée professionnel de l’agglomération orléanaise. Reconnue travailleuse handicapée en 2009 à un taux d’incapacité de 50%, Emma se voit alors préciser qu’elle peut prétendre à un renouvellement de contrat pouvant aller jusqu’à cinq ans maximum. Précisons qu’Emma est titulaire d’un Bac Pro Secrétariat obtenu en 1978 : elle fait donc le métier pour lequel elle s’est formée. Vers quel autre emploi compte donc « l’accompagner » son CAE-CUI ?

Mais Emma, qui pense que la perspective de cinq années d’emploi, aujourd’hui, c’est quand même déjà ça, s’implique et ne compte pas ses heures. À la fin de l’année scolaire 2010/2011, elle se voit proposer par une collègue un contrat dans une collectivité. Cet emploi, elle le refuse ayant reçu l’assurance orale de l’IA du Loiret que son CUI serait renouvelé.

Sauf que, le 30 août 2011, alors qu’elle s’apprête à reprendre le travail au lycée, elle apprend que son contrat ne sera pas renouvelé. Le courrier de l’IA du Loiret qu’elle reçoit est sans ambiguïtés : « J’ai l’honneur de vous informer que le ministère de l’éducation nationale a décidé de mettre fin au dispositif contrats aidés […]. Par ailleurs je vous précise que le pourcentage de travailleurs handicapés n’est pas calculé au niveau de chaque établissement mais de manière globale. » Quel « honneur » en effet…

Mobilisation solidaire

Le 2 septembre, lors de la réunion de prérentrée, l’ensemble des collègues apprend qu’Emma, elle, ne reprend pas le travail et va se retrouver sans ressources. Les conditions du non renouvellement de son contrat heurtent profondément les personnels du lycée. Immédiatement, la mobilisation est lancée sous le mot d’ordre : « Elle y est, elle y reste ! ». Une pétition interne à l’établissement est lancée et rallie 70 signataires (sur 80 personnels). Une heure d’information syndicale est déposée une semaine après la rentrée et réunit plus de la moitié des personnels du lycée, toutes catégories confondues. Un courrier de demande d’audience au Rectorat signé collectivement y est acté et est transmis par l’intersyndicale du lycée (SUD, CGT, FSU, SGEN) le 13 septembre. Lors de cette heure d’information syndicale également, le principe de la grève est voté pour le mardi suivant si la situation n’évolue pas. Le Rectorat n’ayant donné aucune réponse, une AG est organisée le matin du mardi 20 septembre. Plusieurs collègues décident de débrayer et de se rendre en délégation collective au Rectorat. Là, une audience est accordée pour le lendemain  ! On y apprend qu’une « enveloppe surprise » vient d’être envoyée et qu’Emma devrait pouvoir revenir au lycée pour un contrat de 8 mois : c’est chose faite à la mi-octobre. Par ailleurs la Division des Personnels d’Administration et d’Encadrement a évoqué la possibilité d’un poste en BOE (Bénéficiaire d’Obligation à l’Emploi, poste de fonctionnaire réservé aux travailleurs handicapés) pour la rentrée 2012…

Solidaire avec les précaires, dans l’unité des personnels, appuyée sur la démocratie dans l’action, la mobilisation continue !

Sud éducation Loiret


[1Le prénom a été changé

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