En lutte ! Bulletin de mobilisation de la fédération SUD éducation

n°1 mardi 11 décembre 2018
mardi 11 décembre 2018
mis à jour mercredi 12 décembre 2018

Toutes et tous en grève le 14 décembre !

La période est marquée par une conflictualité sociale particulièrement forte, que l’on n’a pas vue depuis longtemps. Deux forces sont principalement à l’œuvre : gilets jaunes et lycéen-ne-s, avec en germe une mobilisation dans les universités.
Pour faire plier le gouvernement, que ce soit en ce qui concerne les revendications de justice sociale portées par les gilets jaunes ou l’abrogation des contre-réformes portées par les lycéen-ne-s et les personnels, le mandat de la fédération SUD éducation est de construire la grève reconductible, et de contribuer dans son secteur à la construction d’une grève générale puissante.
Pour cela, une date est incontournable dans le paysage : le 14 décembre. SUD éducation appelle à se mettre massivement en grève sur cette date depuis jeudi dernier, et a porté cette date dans les différents cadres intersyndicaux dans lequelle notre fédération est engagée. Le dernier tract en date du lundi 11 décembre de la fédération SUD éducation est disponible ici :
https://www.sudeducation.org/Reformes-Blanquer-justice-sociale-greve-massive-le-14-decembre.html

La mobilisation lycéenne : état des lieux

Quelques chiffres :
Aujourd’hui, 450 lycées mobilisés étaient dénombrés par la presse suites aux informations transmises par les rectorats, dont :

  • une trentaine dans l’académie de Montpellier
  • 24 dans l’académie de Marseille
  • une vingtaine à Paris
  • 24 dans l’académie de Rennes
  • une quarantaine dans l’académie de Créteil, dont une vingtaine avec blocage total
  • une vingtaine dans l’académie de Versailles
  • Une vingtaine de lycées bloqués ou fermés et mobilisés dans la Somme et l’Oise
  • mais aussi dans d’autres académies (au moins 5 lycées en Bourgogne, 6 lycées rien que pour l’agglomération lyonnaise…)
    ==> La mobilisation ne faiblit donc pas, et le rapport de force pour faire plier le ministère pour l’abrogation des réformes Blanquer s’amplifie.

Grève :
Dans un certain nombre de ces lycées, les personnels étaient en grève aux côtés des lycéen-n-e-s, et ce dans un certain nombre d’académie, (Rouen, Rennes, Créteil…) même si cela reste minoritaire. À noter que l’on peut compter également dans l’académie de Créteil plusieurs collèges en grève (Victor Hugo à Aulnay-sous-Bois, Robespierre à Épinay) et un lycée en grève reconductible (Condorcet à Montreuil), sans parler des différents lycées en grève ce jour (Jean Rostand à Villepinte). Même si cela reste d’après nos informations relativement rare, on peut se féliciter du dépôt d’un préavis de grève reconductible à partir du 10 décembre, qui correspond à des besoins sur le terrain d’un nombre de collègues qui souhaite se solidariser avec les lycéen-ne-s. Notre mot d’ordre dans cette période : « Rejoignons les lycéen-n-e-s ! »

Répression :
Un point saillant de la mobilisation lycéen-ne est la répression qu’ils et elles subissent. On a en tête les terribles images de Mantes-la-Jolie, mais cet événement n’est pas isolé. Aujourd’hui, on a pu recueillir des témoignages de violences policières :
dans différentes académies, de violents déblocages (Amiens, Versailles), et blocages empêchés par la police un peu partout (Vénissieux, Villeurbanne dans l’agglomération lyonnaise) ;
mais aussi répression de la part de l’administration, avec des lycéen-n-e-s confiné-e-s dans leurs établissements (Niort, Brest…)
dans l’académie de Créteil, divers exemples plus violents, avec notamment une charge de la police contre le blocage du lycée Bartoldi sur des élèves et étudiant-e-s, 2 lycéen-n-e-s et 2 étudiant-e-s embarqué-e-s.
Focus sur : le lycée Galilée de Gennevilliers
Alors que le blocus prend fin vers 10:00 et après le départ des CRS, les quelques policiers restants ont décidé d’interpeller un élève à scooter, au milieu de ses camarades, et des enseignant-e-s. Usage massif de gaz lacrymogène, grenade dispersante. Aux protestations des enseignant-e-s, la police répond par des insultes : « vous êtes la gangrène de l’Éducation nationale », « vous me cassez les couilles », par des projections de gaz en plein visage, à bout portant, et par l’intimidation, avec menace d’arrestation pour « entrave à interpellation ». Certains policiers pointaient les élèves avec leur flashball à hauteur de torse ; d’autres ont tiré sur des lycéen-ne-s en train de s’enfuir. Des élèves, acculé-e-s dans un coin lors de la dispersion, ont été molesté-e-s ou victimes de menaces et d’injures à caractère islamophobe et homophobe telles que « Islamogauchiasse ! », « Retourne dans le Marais, pédé ! », « Tafioles ! ».
Les personnels ont décidé d’exercer immédiatement leur droit de retrait.
SUD éducation l’affirme sans ambiguïté : il faut protéger les lycéen-ne-s de la police, pas l’inverse.
Tout notre dossier sur la moblisation des lycées : https://www.sudeducation.org/Lycees-mobilises-violence-policiere-tout-le-dossier-de-SUD-education.html

Intersyndicales Éducation nationale

Pour le 13, il y a des appels intersyndicaux dans certains endroits (CGT-CNT-SUD dans le Rhône), mais la perspective massive concerne le 14 décembre. À ce titre :

  • au niveau interprofessionnel, la CGT appelle, comme maintenant l’Union syndicale Solidaires
  • au niveau national dans l’intersyndicale de l’Éducation nationale, un appel unitaire, initialement proposé par SUD, va être bientôt publié, appelant aux mobilisations du 13 décembre et à la grève le 14, signé (sauf changement) par la CNT-FTE, FERC-CGT, FNEC-FP-FO, SNESUP-FSU, SUD-Education, SUD-Recherche-EPST, SUNDEP-Solidaires, Solidaires Etudiant·es, UNEF, UNL, UNL-SD.
  • au niveau des départements, de nombreuses intersyndicales appellent au 14 décembre réunissant des périmètres à géométrie variable, souvent autour de l’arc FSU-CGT-FO-SUD

Et les gilets jaunes ?

Les gilets jaunes se préparent à lancer l’ « acte V ». SUD éducation a déjà appelé à les rejoindre le samedi 8 décembre, nous appelons de nouveau à le faire cette fois-ci, partout où c’est possible et sur des mots d’ordre de justice sociale. Notre Union syndicale Solidaires a refusé de signer un communiqué signé par toutes les autres organisations nationales condamnant la violence des gilets jaunes, et refuse à l’heure actuelle de se rendre aux négociations. Les annonces faites lundi 10 décembre par Macron ne nous satisfont pas, et il faut maintenant construire la grève pour gagner sur les revendications de justices sociales : https://solidaires.org/Apres-les-moquettes-le-platre

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