En septembre mobilisation, en décembre élection

 septembre 2002
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Répression et régression

Mesures prises cet été par le gouvernement Raffarin :
- Loi d’orientation et de programmation sur la sécurité intérieure (incarcération des mineurs de 13 ans, mise en place de centres éducatifs fermés).
- Loi Perben 2 : loi de programmation sur la justice (suppression des allocations familiales si les enfants sont dans des centres éducatifs fermés, amendement concernant l’outrage à enseignant, extension du recours aux témoignages anonymes).
- Contrats jeunes en entreprise : jeunes au-dessus de 16 ans sans qualification embauchés en CDI au SMIC sans obligation de formation. Pour ces contrats, les employeurs sont exemptés de cotisations patronales.
- Augmentation du SMIC de 2,4%, augmentation du salaire des ministres de 70%.
- Baisse des impôts directs et augmentation des impôts indirects.

Non à la cogestion !

La liste est longue des mesures qui vont accroître la précarité et criminaliser la pauvreté et les jeunes. Cela est la continuation logique d’une politique globale dont on voit la mise en œuvre aussi dans l’Education nationale, gentiment accompagnée par des directions syndicales qui l’ont cautionnée en refusant de mener des luttes, voire en signant des accords scélérats :
- ARTT des ATOSS et des CPE, statut des PLP, sans création d’emplois, entraînant flexibilité et annualisation.
- Emploi de plus en plus fréquent de personnels précaires (vacataires, contractuels ), licenciements de maîtres auxiliaires, création et embauches massives d’emplois jeunes. Ce dernier exemple est particulièrement marquant : les syndicats majoritaires n’ont pas dénoncé ce dispositif et dès 2003, les premiers des 75000 emplois jeunes de l’éducation nationale iront pointer à l’ANPE sans toucher d’indemnités de chômage !
- Les différentes chartes pour l’école et le lycée du 21ème siècle, le lycée des métiers par lesquelles l’Etat se désengage au profit des collectivités locales, territoriales et du patronat organisent la mise en concurrence des établissements.

Privé / public : réagissons ensemble

Il est indispensable de renforcer un syndicalisme de lutte dans l’éducation nationale en le liant aux mobilisations dans l’ensemble du monde du travail qui subit les mêmes attaques. En effet, 80 % des contrats de travail signés aujourd’hui dans le privé sont des CDD (contrats à durée déterminée) et les luttes contre la précarité se multiplient : Mac Do, FNAC, Pizza Hut, Euro Disneyland, groupe Accor... Les syndicats de l’Union Solidaires sont partie prenante de ces luttes, tout comme ils ont souvent un rôle moteur dans le mouvement social au côté des sans papiers, des sans logis, des chômeurs, de la Confédération paysanne et de tous ceux qui se battent contre la mondialisation capitaliste.

C’est ce syndicalisme et ce type de mobilisations qu’il faut développer aujourd’hui. Un syndicalisme qui tente d’élaborer des revendications unifiantes et de fédérer les luttes, non de les isoler par corporatisme ; qui porte les revendications élaborées par les assemblées générales ; où les décisions ne sont pas confisquées par des " dirigeants " qui vont ensuite négocier dans les couloirs du ministère.

Criminalisation du mouvement social

C’est justement ce militantisme que l’on tente d’étouffer (par exemple en l’interdisant d’élections professionnelles : amendement Perben) et de criminaliser en incarcérant des militants associatifs et syndicaux.

Face à la répression, aux attaques du libéralisme et en prévision des combats à mener, c’est ce militantisme et le syndicalisme de lutte qu’il faut développer.

En décembre, aussi, ouvrons-la !

En décembre, les personnels d’éducation et d’enseignement titulaires de l’Education Nationale éliront leurs représentants dans les différentes commissions paritaires traitant de l’évolution des carrières, des promotions, des mutations...

En décembre, les salariés de droit privé de l’Education nationale (CES ; CEC , emplois jeunes...) seront appelés, au même titre que tous les travailleurs du secteur privé, à élire leurs conseillers prud’homaux.

Ces deux élections doivent permettre aux travailleurs du secteur privé et à ceux de l’Education nationale d’exprimer leur choix d’un syndicalisme de lutte en votant pour les listes "Solidaires" aux élections prud’homales et pour les listes SUD Education aux élections professionnelles dans l’Education nationale.

C’est aussi l’occasion de participer à la construction d’un syndicalisme alternatif et de lutte.